Place financière

L’Aleba se veut plus pragmatique que dogmatique

30 Avril 2018 Par Jean-Michel Hennebert
Pour Roberto Scolati, président de l’Aleba, les syndicats se doivent d’être «inventifs et responsables pour répondre aux challenges de demain». (Photo: Anthony Dehez / archives)

Si quatre conventions collectives de travail sont en cours de négociations, l’Aleba estime avoir «des inquiétudes et des espoirs» pour l’avenir de la Place. Avec les élections législatives et les élections sociales en ligne de mire.

Six mois avant les élections législatives et moins d’un an avant les élections sociales, l’Aleba entre à son tour dans la campagne. Si le principal syndicat du secteur financier affirme et revendique sa «neutralité politique», il ne cache pas ses aspirations. Et les détaille.

«Les votes du mois d’octobre doivent aller vers des personnes jeunes, dynamiques et qui regardent vers l’avenir et non vers le passé», lâche Jim Schneider, premier vice-président de l’Aleba, en estimant que «les changements interviennent tellement rapidement que demain est peut-être déjà aujourd’hui».

Assurer la pérennité de la Place au-delà de 2050.

Jim Schneider, premier vice-président de l'Aleba

Une recommandation à destination des électeurs luxembourgeois pour les inciter à faire «des choix judicieux», et qui s’intègre dans un contexte marqué par une réalité «où sur les 450.000 emplois actuels, environ un tiers est occupé par des résidents étrangers, dont 160.000 frontaliers». En clair, le syndicat défend l’ouverture de l’économie et de la Place en particulier, principale source de richesse du pays, marquée par «l’utilisation de l’anglais et du français de manière prédominante sur le luxembourgeois».

En défendant le besoin d’ouverture au niveau national, l’Aleba se positionne également en vue des élections sociales prévues en février-mars 2019. S’il revendique sa volonté d’être «le partenaire social privilégié de la Place» face «aux concurrents», le syndicat en appelle non seulement à «la responsabilité sociale des employeurs pour assurer la pérennité de la Place au-delà de 2050», mais aussi «à la nécessité pour les salariés du secteur d’être conscients des avantages de la convention collective du secteur par rapport au Code du travail».

Syndicat «inventif et responsable»

L’Aleba opte donc pour une stratégie orientée vers le pragmatisme plutôt que le dogmatisme dans un contexte marqué par «un régime de pension qui n’est plus garanti à l’avenir» et «la nécessité pour chacun de se former tout au long de sa vie en lien avec la digitalisation de notre société».

Face à cette double contrainte, l’Aleba souhaite donc mettre en place «des conventions collectives où l’argent n’est pas la seule réponse, mais où la solution pourrait être un changement du nombre d’heures de travail» puisque selon Roberto Scolati, président du syndicat, «nous devons être inventifs et responsables pour répondre aux challenges de demain».

Échanges autour de la prime de juin

À noter que sur les quatre conventions collectives en cours de négociations sur la Place – Post Telecom, Six Payment Services, le secteur des assurances et celui des banques – l’Aleba s’est montrée peu diserte, se retranchant derrière le secret des négociations en cours. La prochaine réunion plénière pour la mise en place d’une convention collective pour les banques se déroulera ce jeudi.

Parmi les points à l’ordre du jour devrait notamment figurer la question du versement – ou non – de la prime de juin. En 2017, le refus initial de l’ABBL de payer cette prime de conjoncture avait amené des centaines de salariés de la Place à manifester sur leur lieu de travail. Après plusieurs semaines de tension, un accord avait finalement été trouvé dans le cadre de la prolongation d’un an de la convention collective 2014-2016.