Pour une terrasse couverte illégale

La véranda du Waldhaff de nouveau menacée

08 Août 2017 Par Camille Frati
Waldhaff
Au-delà de l’affaire Waldhaff, le ministère de l’Environnement souhaite assouplir les possibilités d’agrandissement des bâtiments situés en zone verte. (Photo: Maison moderne / archives)

Le ministère public a interjeté appel du jugement du tribunal d’arrondissement de Luxembourg qui donnait un sursis au propriétaire du café-restaurant pour se mettre en règle avec l’administration.

Condamnés mi-juillet à 20.000 euros d’amende, le café-restaurant et son propriétaire, Marc Hobscheit, s’estimaient heureux alors que le procureur d’État avait requis une amende globale de 125.000 euros ainsi que la remise en état des lieux et la fermeture du café situé en pleine nature, au bord de la Nordstrooss entre Luxembourg et Junglinster.

Le ministère public a toutefois marqué sa volonté de voir l'affaire jugée en appel. Dans la foulée, Me Krieger, défenseur de M. Hobscheit, a lui aussi déposé un appel. Quitte à ce que l'affaire soit rejugée, autant qu'elle le soit en entier et que soit contestée la condamnation de son client pour absence d'autorisation d'établissement classé. Le restaurateur pourrait d'ailleurs avoir obtenu cette autorisation d'ici la prochaine audience puisqu'elle a été rendue possible par la loi omnibus votée au printemps.

En cause: le toit et les cloisons en bois que le gérant a fait poser au-dessus de la terrasse l’hiver dernier afin de protéger ses clients des intempéries et d’optimiser le chauffage de la véranda, jusque-là couverte par une simple toile. Des modifications exclues par le bail d’exploitation conclu entre l’État, propriétaire du bâtiment initial, et le restaurateur.

Si le tribunal d’arrondissement a laissé un an au restaurateur pour soumettre et obtenir l’autorisation commodo-incommodo, l’État avait dès avant le jugement dénoncé le bail d’exploitation, avec pour conséquence que Marc Hobscheit devrait remballer ses affaires à la fin de l’année.

Un fait accompli qui passe mal

Et malgré le jugement, le département de l’Environnement reste sur sa position: l’interdiction d’agrandir les bâtiments existants au sein de la zone verte et Natura 2000 est stricte. Et d’ailleurs le Waldhaff n’aurait jamais soumis aucune demande d’autorisation d’agrandissement, assure Mike Wagner, le coordinateur général du département de l’Environnement au sein du ministère du Développement durable, contacté par Paperjam.lu.

Le département de l’Environnement nie également toute demande d’entrevue entre M. Hobscheit et le secrétaire d’État Camille Gira, contrairement à ce qu’a indiqué l’intéressé à Paperjam.lu. Le restaurateur ne semble en tout cas pas dans les bonnes grâces du ministère du Développement durable pour l’avoir placé devant le fait accompli en érigeant des cloisons et un toit en dur sans autorisation. L’Administration envisagerait à l’avenir de procéder à des appels à candidatures lorsqu’un bail d’exploitation doit être conclu, afin de mettre en concurrence des projets concrets et d’amener davantage de transparence dans ses démarches.

Pour autant, le département de l’Environnement n’est pas foncièrement opposé à un agrandissement du café-restaurant ou de tout autre bâtiment situé en zone verte/zone Natura 2000. Le projet de loi concernant la protection de la nature et des ressources naturelles, déposé il y a un an par la ministre de l’Environnement Carole Dieschbourg, prévoit d’ailleurs de rendre possible l’agrandissement de constructions d’intérêt historique, avec l’obligation de respecter le style du bâtiment initial.