Conférence Horizon

«La transformation digitale va rester»

03 Mai 2018 Par Thierry Raizer
Pierre Gramegna, conférence Horizon de Deloitte.
Pour Pierre Gramegna, la transformation digitale est incontournable en raison des avantages qu’elle offre aux clients. (Photo: Marion Dessard)

La huitième conférence Horizon de Deloitte a permis de penser «en dehors de la boîte» un secteur financier qui doit continuer à se diversifier, selon le ministre des Finances Pierre Gramegna.

Baptisée «Horizon 2020» à sa création, la conférence organisée chaque année par Deloitte veut garder les fenêtres ouvertes sur l’horizon de la place financière, pilier incontournable de l’économie du pays.

Un horizon à «réimaginer», selon le leitmotiv de la session 2018 organisée ce jeudi à la Philharmonie et à laquelle ont répondu présents plus de 300 représentants du secteur financier. L’agenda de l’événement avait de quoi susciter des réflexions dans plusieurs directions, de l’intervention de l’ancien président du Conseil européen Herman Van Rompuy à celle du «futurologiste» Ray Hammond.

Ne se cantonnant pas à l’intitulé de sa présentation, «The future of business in Luxembourg», Ray Hammond a résumé en quelques minutes – sans fiches – les enjeux d’un futur proche marqué par une croissance démographique mondiale asymétrique; une raréfaction de l’eau et une interaction toujours plus forte de l’humain avec la technologie.

Enjeux durables

Intervenant comme à l’accoutumée en ouverture de conférence, le ministre des Finances Pierre Gramegna a dû, comme l’an dernier, recourir à la vidéo. Cette fois en raison de sa participation à la conférence de l’Alfi à Londres. 

Indiquant d’emblée que le «Brexit n’était que temporaire», il a invité les participants à se projeter vers les enjeux durables pour le secteur financier, à commencer par la transformation digitale, qui n’a pas encore produit tous ses effets.

La transformation digitale est amenée à rester. Étant donné qu’elle est aussi au bénéfice du consommateur, elle est incontournable.

Pierre Gramegna, ministre des Finances

«Il est dans l’intérêt même des entreprises d’utiliser l’intelligence artificielle, les ‘chatbox’ ou encore la blockchain pour devenir plus fortes», indique Pierre Gramegna en citant l’exemple de l’utilisation des regtech pour mieux maîtriser les coûts liés à la réglementation et augmenter l’efficience des auditeurs et collaborateurs dans l’utilisation des données. «La transformation digitale est amenée à rester. Étant donné qu’elle est aussi au bénéfice du consommateur, elle est incontournable.»

Et Pierre Gramegna de rappeler l’évolution de l’écosystème public-privé pour aligner le positionnement du Luxembourg à la transformation digitale et aux fintech en particulier: la création de la Lhoft, des data centers haut de gamme, la mise en place du cluster d’Infrachain autour de la blockchain, la nouvelle législation concernant la propriété intellectuelle ou encore le crédit d’impôt dont pourront bénéficier les entreprises pour l’achat d’un software à partir de cette année.

S’entendre sur la finance verte 

Pour le ministre des Finances, la Place doit poursuivre sa diversification et son positionnement de pionnier dans des domaines spécifiques, comme dans la finance verte, sujet qui vient de faire l’objet d’un plan d’action proposé par la Commission européenne.

«Nous avons besoin d’une taxonomie de la finance verte, nous avons besoin de nous accorder sur des standards européens dans ce domaine et nous devons nous assurer que les investisseurs disposent des informations nécessaires dans ce domaine», note Pierre Gramegna dans le contexte des discussions européennes.

Ici aussi, le ministre souligne les actions du Luxembourg en la matière, qu’il s’agisse de collaborations avec la Banque européenne d’investissement, de l’accélérateur pour faciliter les projets visant à lutter contre le changement climatiquede la nouvelle labellisation de Luxflag ou encore du Luxembourg Green Exchange, qui rencontre un succès à la Bourse.

Récemment, une autre innovation sur le plan légal a été présentée par le gouvernement, à savoir l’introduction d’un nouveau type de lettres de gage autour des énergies renouvelables.