Roxane Haas (PwC Luxembourg)

«La transformation digitale des banques est en marche»

25 Octobre 2018 Par Paperjam.lu
 (Photo: PwC Luxembourg)

Avec 139 banques en provenance des quatre coins du monde et affichant des business models variés, le secteur bancaire luxembourgeois confirme son statut de hub à destination d’une clientèle internationale. PwC Luxembourg en propose un tour d’horizon dans la nouvelle édition de la brochure «Banking in Luxembourg – Trends and Figures». Revue des principales tendances en trois questions.

Madame Haas, quels sont les faits notables du rapport de cette année?

«Cinq tendances-clés se dégagent de notre étude 2018. Tout comme l’an passé, la diversité des banques au Luxembourg reste un atout certain. D’un point de vue géographique, les banques proviennent de nombreux pays, avec une prédominance de banques allemandes et françaises. Cette diversité se manifeste également dans le modèle d’affaires des banques, qui comprend aussi bien des activités de détail, de banque privée, que de services liés au secteur des fonds d’investissement. À ce sujet, le rapport montre que les activités de banque privée et de fonds d’investissement contribuent fortement aux bons résultats du secteur. De plus, avec un ratio de solvabilité de 25,9% et un taux de rendement sur capitaux propres de 6,3% en 2017, le Luxembourg se classe parmi les meilleurs pays européens. Autre fait saillant du rapport: les effectifs dans les banques au Luxembourg restent stables comparé au reste de l’Europe, où la tendance est à la baisse. Dernière grande tendance, et pas des moindres: les banques au Luxembourg ont su apprivoiser la vague digitale, tout en maîtrisant leur ratio coût-revenu. 

Justement, voyez-vous que les banques ont mis le digital en haut de leur agenda?

«La transformation digitale est bel et bien en marche. Un certain nombre de banques de la Place développent actuellement des projets afin de réinventer leur modèle d’affaires et de toujours mieux répondre aux nouveaux besoins des clients. Tandis que certaines banques vont développer des logiciels de détection de fraude financière, d’autres vont créer des applications smartphone plus sophistiquées pour faciliter le quotidien de leurs clients. Toujours dans la même veine, certaines banques collaborent avec des fintech afin d’innover dans le digital et de proposer une expérience plus complète à leurs clients.

Comment qualifier l’état de santé global du secteur?

«L’industrie bancaire au Luxembourg est en bonne santé: en 2017, les actifs sous gestion n’ont cessé d’augmenter (d’après l’ABBL, ils s’élèvent aujourd’hui à 363,4 milliards d’euros). Bien que l’année 2017 ait été marquée par un phénomène de consolidation, les banques luxembourgeoises ont su rester agiles et s’adapter aussi bien aux nouvelles réglementations qui ont ponctué 2017 qu’aux défis posés par la vague digitale.»