Travaux à l’aéroport

La rénovation de la piste du Findel repoussée à 2019

19 Juin 2017 Par Jean-Michel Hennebert
Ponts-et-Chaussées piste du Findel
Selon les Ponts et Chaussées, les travaux de rénovation et d’élargissement de la piste du Findel se dérouleront entre 23h et 6h «entre mars et octobre», à partir de 2019. (Photo: Mike Zenari)

Annoncés fin 2015, les travaux de refonte intégrale et d’élargissement du runway, des taxiways et des parkings débuteront finalement «au printemps 2019», selon le calendrier «définitif» publié lundi. Un décalage lié notamment à la certification de l’aérodrome.

Prévus initialement pour la fin 2017, les premiers travaux de rénovation complète de la piste seront entamés finalement «au printemps 2019», selon le communiqué publié lundi par les Ponts et Chaussées. Décidé à la suite de la découverte, fin 2015, d’un trou sur le tarmac qui avait amené l’interruption complète du trafic pendant une journée, ce chantier a, en un an et demi, pris de l’embonpoint.

Car si le projet initial prévoyait «une rénovation complète» du tarmac, pour une enveloppe estimée entre 50 et 80 millions d’euros, les ambitions du ministère du Développement durable et des Infrastructures se sont peu à peu développées. Annoncés en septembre 2016 pour être compris «entre 80 et 100 millions d’euros», les travaux devraient finalement peser quelque 200 millions, selon les dernières estimations avancées. Soit une facture plus que doublée par rapport aux premiers chiffres avancés du fait de la volonté du gouvernement de rénover non seulement la piste et ses accotements, mais aussi les taxiways et les parkings dédiés aux avions.

Réflexions en cours autour du financement

En vertu des règles européennes, le financement de ce projet prévu pour s’étaler sur trois ans selon les données fournies par les Ponts et Chaussées ne pourra être supporté qu’à hauteur de 50% par l’État. La seconde moitié devra donc être supportée par Lux-Airport. Pour y faire face, la société privée gestionnaire de l’aéroport détenue à 100% par l’État indiquait, en février dernier, «ne pas avoir pris de décision quant au financement de ces travaux», même si Johan Vanneste, CEO de Lux-Airport, indiquait être prudent face à la création d’une taxe d’atterrissage en raison des conséquences potentielles sur l'attractivité du Findel. «C’est une discussion très délicate qui doit être mûrement réfléchie», indiquait-il alors que cette solution a les faveurs du ministère du Développement durable

Contactée lundi par Paperjam, la direction de Lux-Airport a fait savoir que «l’analyse des différentes possibilités est toujours en cours». Du côté du ministère, les études liées au financement se poursuivent. Non pas tant pour trouver le financement nécessaire, mais pour déterminer quel ministère prendra en charge cette dépense. En septembre dernier, François Bausch estimait que les 100 millions d’euros à la charge de l’État devaient «avoir une certaine utilité», raison pour laquelle il étudiait la possibilité de faire payer le ministère de la Défense, dans le cadre de la hausse attendue par l’Otan des dépenses militaires luxembourgeoises.

Comme une vieille voiture qui ne fonctionne plus et dont il faut changer le moteur, les roues et la carrosserie tout en roulant.

Roland Fox, directeur des Ponts et Chaussées

Dans leur communiqué, les Ponts et Chaussées indiquent que «l’élaboration du projet a eu lieu simultanément avec le processus de certification de l’aérodrome» et que «l’adjudication des travaux est prévue en 2018, après la certification». Un processus destiné à intégrer le Luxembourg dans le ciel unique européen confié à Lux-Airport en lieu et place de l’Administration de la navigation aérienne. Processus dont la date butoir a été fixée par Bruxelles au 31 décembre 2017 et qui peine à se concrétiser en raison notamment des tensions entre les deux acteurs du Findel. Selon une source proche du dossier, cette dernière ne devrait être obtenue qu’«aux alentours de Noël», soit quelques jours à peine avant la date fatidique.

Comparés par Roland Fox, directeur des Ponts et Chaussées, à «une vieille voiture qui ne fonctionne plus et dont il faut changer le moteur, les roues et la carrosserie tout en roulant», les travaux seront divisés en deux phases. La première, dédiée aux travaux préparatoires, aboutira à la fermeture complète de la piste entre minuit et 6h, contre une absence totale de trafic entre 23h et 6h lors des travaux de rénovation et d’élargissement en eux-mêmes. En raison de la nécessité de bénéficier de conditions météo favorables, les ouvriers travailleront en nocturne «entre mars et octobre», les travaux réalisés «entre novembre et février, eux, se feront sur les côtés de la piste».