Affaire ChamberLeaks

La rédaction de 100,7 perquisitionnée

15 Mai 2018 Par Jonas Mercier avec Thierry Raizer
Jean-Claude Franck relève une enquête unilatérale dans le dossier «Chamberleaks».
Jean-Claude Franck relève une enquête unilatérale dans le dossier «Chamberleaks». Photo: radio 100

La police judiciaire a procédé à une perquisition des locaux de 100,7 ce mardi matin dans le cadre de l’affaire ChamberLeaks, a indiqué la radio sur son site internet. Une enquête se poursuit aussi sur deux membres de la rédaction.

Deux fonctionnaires de la police judiciaire se sont présentés dans les locaux de la radio 100,7 mardi matin avec une ordonnance du juge d’instruction directeur Ernest Nilles. Leur venue concernait les documents téléchargés par les journalistes de la rédaction durant leur enquête «ChamberLeaks», portant sur une faille de sécurité du site chd.lu au mois de mars.

L’ordonnance du juge Nilles datant de fin mars a donc été exécutée ce mardi, sans toutefois que la police ait pu saisir des documents. La radio ne les possède plus, comme cela a été signifié aux deux policiers qui sont donc repartis de la rédaction après avoir dressé leur procès-verbal. 

Une enquête «unilatérale»

Contacté par Paperjam.lu, Jean-Claude Franck, rédacteur en chef de 100,7, indique être étonné qu’un juge d’instruction décide de faire une perquisition dans une rédaction, «un signal fort.»

«Nous avons aussi la confirmation qu’il n’y a pas d’enquête menée à l’égard de la Chambre des députés dans ce dossier, il s’agit d’une enquête unilatérale contre la presse et pas contre ceux qui ont commis l’erreur, en l’occurrence le service informatique de la Chambre», ajoute Jean-Claude Franck.

Le rédacteur en chef de la radio ainsi que le journaliste Claude Biver font l’objet d’une enquête – qui court aussi contre X – pour fraude informatique et vol de données électroniques.

Jean-Claude Franck indique ne pas vouloir se laisser intimider, ce que l’association des journalistes avait dénoncé en mars dernier.

C’est la radio 100,7 qui avait révélé la première une lacune dans le système informatique de la Chambre des députés. En modifiant simplement des hyperliens, des milliers de documents confidentiels pouvaient être consultés librement, avaient démontré nos confrères.

La Chambre avait rapidement remédié à cette faille. Le président de la Chambre, Mars Di Bartolomeo, avait ensuite saisi le Parquet.