Révolution digitale

La personnalisation de l’innovation selon Fujitsu

07 Novembre 2017 Par Jonas Mercier (à Munich)
Fujitsu Forum de Munich
Le Fujitsu Forum de Munich est le plus grand événement IT d’Europe réservé aux professionnels des nouvelles technologies. (Photo: Fabian Frinzel)

À la standardisation de ses services, la compagnie japonaise préfère miser sur une collaboration renforcée avec chaque client pour développer les solutions digitales de demain. Une stratégie présentée lors du Fujitsu Forum 2017 qui débute mercredi à Munich.

Faire du sur-mesure en matière digitale. Voilà comment le géant nippon, premier fournisseur de services IT au Japon et 5e dans le monde, entend s’adapter au mieux à la révolution numérique en cours. Un concept qu’il a résumé en un mot: «co-creation», et qu’il a choisi comme thème de son Fujitsu Forum 2017, qui se tient mercredi et jeudi à Munich, mais auquel la presse a été conviée un jour plus tôt.

Cette grand-messe du numérique, qui doit accueillir pas moins de 12.000 visiteurs, permet tous les ans à l’entreprise de présenter ses dernières nouveautés technologiques et projets à venir. Seulement deux forums de cette taille sont ainsi organisés par Fujitsu dans le monde, l’autre étant au Japon. Il s’agit du plus grand événement IT d’Europe réservé aux professionnels des nouvelles technologies.

La peur de l’échec

«Pour des fournisseurs de services IT comme nous sommes, il est indispensable de comprendre non seulement les perspectives technologiques, mais aussi l’évolution des modèles d’affaires», a expliqué Duncan Tait, le numéro deux du groupe. «Il faut donc que l’on s’intéresse de très près à ce que veulent nos clients.»

Une collaboration intense et personnalisée, qui doit s’intégrer au plus tôt dans le projet de digitalisation de l’entreprise cliente, pour cocréer les solutions les plus efficientes possible. Et pour être sûr de comprendre les enjeux que traversent ses potentiels clients, le groupe japonais a interrogé 1.625 business leaders dans le monde entier pour connaître leurs attentes vis-à-vis de la digitalisation.

Duncan Tait, directeur des activités de Fujitsu pour l'Europe, le Moyen-Orient et l'Amérique.

Ce sondage montre qu’il existe encore un fossé entre les stratégies mises en place par les entreprises et leur exécution effective. Par ailleurs, 28% des structures interrogées avouent avoir enregistré des échecs dans leur processus de digitalisation. «Les entreprises que nous avons interrogées nous ont dit que le coût moyen d’un projet de numérisation raté est de 555.000 euros, ce qui est stupéfiant», a d’ailleurs précisé Duncan Tait.

Les quatre technologies-clés

Pour combattre cette peur de l’échec, mais aussi l’inquiétude que soulèvent les problématiques liées à la cybersécurité, l’accompagnement des clients est donc primordial pour Fujitsu. «Nous ne sommes pas des consultants industriels, mais ce type de collaboration permet d’adapter nos innovations au cas par cas», détaille Glen Koskela, le directeur du département Développement des nouveaux businesses. «Certaines solutions que nous développons pour des clients en particulier peuvent, après, être commercialisées à plus grande échelle, d’autres non.»

Cette adaptabilité passe toutefois par la maîtrise des nouvelles technologies. Et l’entreprise octogénaire – elle a été créée en 1935 – a choisi de se concentrer pour le moment sur quatre d’entre elles: le cloud, l’IoT (internet des objets), l’intelligence artificielle et la cybersécurité.

L’ouverture d’un centre d’excellence dédié à l’intelligence artificielle en France et d’un autre consacré aux applications de l’IoT dans l’industrie 4.0 en Allemagne a ainsi été mentionnée. La compagnie se targue par ailleurs d’avoir 2.000 spécialistes en cybersécurité dans le monde et de disposer depuis l’année dernière de data centers autant en Europe qu’aux États-Unis ou au Japon.