Financement de la recherche

La liquidation de Focal, une bonne nouvelle!

28 Août 2017 Par Jean-Michel Gaudron
Schadeck Focal
Raymond Schadeck a présidé la fondation Focal depuis sa création fin 2011. (Photo: Maison moderne / archives)

La fondation créée en 2011 pour renforcer la valorisation des résultats de recherche a été liquidée cet été. Tout simplement parce que d’autres acteurs privés ou publics ont pris le relais dans ce domaine.

La Fondation ouverte pour la construction de l’avenir du Luxembourg (Focal) est désormais... fermée. Elle avait été créée fin 2011, dotée d’une mise de base initiale de 100.000 euros, pour œuvrer à la valorisation des résultats de la recherche (notamment publique), en vue de soutenir l’entrepreneuriat innovant sur la Place et, ainsi, contribuer à assurer la pérennité socioéconomique à long terme du pays.

«Il s’agissait d’aider à compenser ce que nous considérons comme étant un maillon faible dans le processus de valorisation de la recherche: celui du ‘proof of concept’», explique à Paperjam.lu Raymond Schadeck, instigateur et président de la fondation dans le conseil d’administration de laquelle on retrouvait l’entrepreneure Michèle Detaille (qui était vice-présidente), l’économiste Serge Allegrezza, l’avocat Jean-Louis Schiltz, l’ancien ministre et député européen Charles Goerens ou encore Yves Elsen, ancien président du Fonds national de la recherche et aujourd’hui président du conseil de gouvernance de l’Université.

Un projet du List soutenu

En avril 2014, Focal s’était engagée à soutenir deux projets spécifiques pour un montant maximal de 210.000 euros. La fondation avait notamment soutenu, à hauteur de 140.000 euros, le List dans le cadre du projet de recherche Focal-Scan, un outil permettant de générer des questionnaires d’évaluation de compétences à partir de descriptions de fonctions spécifiques au vocabulaire de l’entreprise. Un outil susceptible d’être utilisé autant pour évaluer des compétences à acquérir ou acquises par la formation que pour des entretiens d’évaluation, de la recherche d’un nouvel emploi ou bien pour réaliser des présélections dans le cadre de recrutements.

«Mais nous nous sommes rendu compte que deux donneurs potentiels et réguliers avaient choisi d’intervenir en direct, sans passer par la fondation», indique M. Schadeck. «Nous avons alors fait le constat que notre action n’était plus indispensable, d’autant plus que nous étions nous-mêmes toujours un peu handicapés par le fait que tous les intervenants au niveau de Focal étaient bénévoles et qu’il est difficile, dans ce contexte, d’arriver à se tenir à un agenda commun qui soit assez réactif, surtout vis-à-vis des petits projets de recherche.»

À cela s’ajoute la multiplication des initiatives sur la Place, dont le développement de Nyuko (avec qui Focal avait d’ailleurs signé, en octobre 2015, un partenariat afin de collaborer sur l’identification, l’évaluation et le suivi de nouveaux projets pouvant être financés par la fondation). «Cette tendance est plutôt positive pour la Place luxembourgeoise et nous ne pouvons que nous en réjouir.»

«Mission accomplie»

«Notre plus grande valeur ajoutée a certainement été de faire en sorte que certaines autorités et certains décideurs ont pu mener des réflexions et prendre des actions dans ce domaine. En ce sens, notre mission a été accomplie.»

Ainsi la décision de liquider Focal a-t-elle été prise au printemps dernier et actée devant notaire il y a quelques semaines. L’arrêté grand-ducal rendant cette liquidation définitive devrait être adopté dans les prochains jours, au retour des vacances.

Conformément aux statuts de la fondation, le léger surplus restant sur ses comptes a été transféré auprès d’une autre association à but non lucratif reconnue d’utilité publique.