Philanthropie

La Fondation a dépassé la barre des 100 millions

08 Mai 2015 Par Jean-Michel Lalieu
Tonika Hirdman
Tonika Hirdman veut donner plus de visibilité à la Fondation de Luxembourg. (Photo: Charles Caratini / archives)

La Fondation de Luxembourg, chargée d’assister les philanthropes dans leurs actions, abrite désormais 55 fondations et a dépassé la barre des 100 millions d’euros d’actifs. Cette année, elle espère accueillir une dizaine de nouvelles fondations.

La Fondation de Luxembourg vient de franchir la barre des 100 millions d’euros. Sur l’année 2014, le montant des actifs s’est alourdi de 11 millions grâce à l’accueil de 10 nouvelles fondations. Aujourd’hui, l’organisme destiné à canaliser les actions philanthropiques des grandes fortunes abrite 55 fondations – 53 fin 2014 – et espère en ajouter encore une dizaine cette année.

«En 2014, nous avons distribué 3,6 millions d’euros dans les différents projets soutenus, explique Tonika Hirdman, directrice générale de la Fondation. Depuis notre démarrage officiel en 2009, 14 millions ont été placés.» Ça peut paraître peu par rapport aux montants reçus en gestion, mais la directrice explique que l’objectif est de fonctionner sur le long terme et que certaines fondations ont aussi pour principe de n’investir que les intérêts du capital.

Depuis le démarrage, 14 millions ont été placés.

Tonika Hirdman, directrice générale de la Fondation de Luxembourg

Créée en 2008 par le gouvernement et l’Œuvre nationale de Secours Grande-Duchesse Charlotte, la Fondation de Luxembourg se donne pour mission d’accompagner des philanthropes dans leur souci de placer des fonds dans des projets qui leur parlent.

C’est une nouvelle manière de soutenir la place financière en diversifiant l’activité, ce qui visiblement attire des philanthropes étrangers. Si 42% des responsables de ces fondations sont luxembourgeois, 19% viennent de France, 17% de Belgique, 13% d’Allemagne.

«Il n’y a pas d’avantage fiscal à la clé, précise Pierre Gramegna, ministre des Finances et président de la Fondation. La raison pour laquelle des philanthropes étrangers passent par nos services, c’est souvent qu’ils sont déjà en relation avec une banque installée à Luxembourg ou qu’ils cherchent une petite structure qui leur permet d’obtenir un accompagnement personnalisé.» Le plancher pour bénéficier des services est de 250.000 euros, ce qui, observe le ministre, est peu par rapport aux fondations des pays voisins.

Agir tous azimuts

Quant à l’argent investi, il peut aller vers des actions dans le domaine de la lutte contre la pauvreté (40%), la santé et la recherche (19,5%), l’éducation universelle (18%), la culture et la diversité (11,5%) ou encore la biodiversité et le changement climatique (11%). «Souvent, les philanthropes déterminent eux-mêmes les actions qu’ils veulent soutenir, mais il arrive aussi qu’ils n’aient en tête qu’un domaine de prédilection. Notre mission est alors de les guider vers des projets concrets.»

La Fondation de Luxembourg emploie actuellement cinq personnes. Dotée d’une large indépendance dans son action, elle a aussi bénéficié à sa création d’un capital de 5 millions d’euros destiné à son fonctionnement. «Dans la mesure où nous facturons les services que nous fournissons, nous espérons rapidement arriver à l’équilibre financier, explique Pierre Gramegna. En 2014, les rentrées ont déjà permis d’assurer 85% des coûts de fonctionnement.» En 6 ans, 1,6 million du capital de départ a été utilisé… «et a permis de récolter 100 millions», renchérit Tonika Hirdman, pointant l’effet de levier.