Jean-Marc Kieffer (CDCL)

«La construction doit rester symbole de passion»

10 Octobre 2017 Interview par Frédéric Antzorn
Jean-Marc Kieffer CDCL
Jean-Marc Kieffer: «J’essaie d’être toujours ouvert à tous types de changements et de défis». (Photo: Maison Moderne)

Chaque jour, Paperjam propose un focus sur une fonction, ses défis et ses enjeux. Zoom aujourd’hui sur le leadership et le management avec Jean-Marc Kieffer, président du conseil d’administration de CDCL et du Groupement des entrepreneurs.

Monsieur Kieffer, quelle est la plus grande transformation à laquelle vous devez faire face au sein de votre secteur?

«Le secteur de la construction et du bâtiment est en train de traverser une évolution à plusieurs niveaux: la digitalisation est pour nous à la fois un défi et une opportunité.  Je songe notamment au ‘building information modeling - BIM’.

Aussi, nous nous efforçons de nous développer pour passer du producteur au prestataire de service(s) et, last but not least, c’est l’humain qui est au centre de notre intérêt. À travers le recrutement, la formation et la fidélisation de nos équipes qui sont une condition indispensable au développement positif de notre secteur.

L’industrie de la construction doit continuer à se réorienter de manière à ce qu’elle puisse rester symbole de passion. Notre secteur offre des possibilités quasi infinies que nous devons faire valoir en face des jeunes afin de les enthousiasmer pour toute la panoplie de métiers qu’il met en avant.

Finalement, l’image de marque du secteur mériterait d’être soignée, une tâche à laquelle je me consacre en tant que président du Groupement des entrepreneurs.

Quelle incidence cette ou ces transformation(s) a-t-elle/ont-elles sur votre métier?

«Face à ces défis, nous devons être prêts à repenser certains processus et à nous remettre en question. Une des quatre valeurs de CDCL est l’ouverture. Il s’agit là d’une caractéristique indispensable aux remises en question. 

Ainsi, la digitalisation demande une ouverture envers de nouvelles méthodes. Le fait d’avoir des processus connectés du début jusqu’à la fin d’un projet demande plus que jamais non seulement du professionnalisme et de la rigueur, mais surtout un échange permanent et une bonne entente entre les intervenants du projet.

Ce n’est que par ces atouts que la digitalisation pourra réellement devenir bénéfique pour la construction.

Quels sont les outils que vous utilisez pour y répondre?

«L’ouverture, la combativité, la responsabilité et l’intégrité: voilà les quatre valeurs de notre entreprise.

Quelle est l’incidence auprès de l’organisation de l’entreprise?

«Il est clair que nous devons instaurer une autre manière de concevoir les choses. Une vue globale sur un projet est la clé du succès.

Nous ne pouvons pas nous contenter de livrer un produit, nous devons accompagner chaque client du premier contact jusqu’à la remise des clefs et au-delà. Le service proposé sera le levier pour se distinguer.

Comment contribuez-vous à adapter l’organisation de l’entreprise à cette transformation?

«Je fais confiance à mes équipes et je les encourage à donner du leur à tous les niveaux de l’organisation.

Ce n’est pas sans fierté que je peux prétendre que j’ai la chance d’être entouré d’une équipe compétente, à qui je laisse toutes les libertés dont elle pourrait avoir besoin quand il s’agit de développer des solutions novatrices.

Comment envisagez-vous de vous transformer?

«J’essaie d’être toujours ouvert à tous types de changements et de défis. Je les considère comme des opportunités, de réelles chances pour le secteur de la construction. Sous l’impulsion des avancées technologiques qui affectent notre profession et en particulier notre entreprise, nous réfléchissons sans cesse à optimiser nos processus, à nous doter d’outils nouveaux et à améliorer le service au client.

Comment faire adhérer le Comité de direction, le Conseil d’administration à ce processus?

«En communiquant, en expliquant et en motivant. Ce sont les échanges permanents, les discussions ouvertes et approfondies qui aident à orienter la transformation progressive de l’entreprise. Il ne faut pas craindre l’inconnu. Il convient, au contraire, de l’analyser scrupuleusement, implémenter ce qui paraît prometteur et le suivre avec rigueur. Je suis convaincu qu’à ces conditions, le secteur de la construction dispose de tous les atouts nécessaires pour devenir un moteur de notre économie.»