Hausse des taux à venir

La concurrence des fintech inquiète la BCE

10 Octobre 2017 Par Jean-Michel Hennebert

Face au développement des start-up financières, le superviseur de la Banque centrale européenne estime que toutes les banques ne sont pas en capacité de répondre convenablement à une revalorisation des taux. Ce qui pourrait intervenir d’ici la fin 2018.

Même si la BCE constate que «le risque de taux d’intérêt est bien géré dans la plupart des banques européennes», l’instance de Francfort estime que le développement des fintech - et la nouvelle concurrence qu’elles représentent pour les banques traditionnelles - est un élément à ne pas négliger. Surtout dans l’hypothèse d’une hausse des taux.

Dévoilée lors de la présentation des résultats d’un test de résistance des plus grandes banques de la zone euro, cette analyse s’appuie sur le constat que seuls 60 des 111 établissements bancaires testés sont bien armés en termes de fonds propres en cas de revalorisation des taux. Sur les 51 restants, le superviseur de la BCE leur recommande de renforcer leur situation, et ce, d’ici la fin 2018.

Revalorisation à venir du taux directeur

«Une stabilité des dépôts mal modélisée pourrait conduire à des pertes importantes dans un environnement de hausse des taux liés à des coûts de transactions moins élevés que dans le passé grâce aux banques en ligne», détaille Korbinian Ibel, directeur de division de la BCE, cité dans un communiqué. Autrement dit, la plus grande capacité de réaction des fintech en cas de changement sur le marché. Que ce soit sur le plan technologique ou sur celui de la réglementation.

Fixé à 0% depuis mars 2016, le taux directeur de la BCE a été récemment maintenu à son taux le plus bas historiquement. Une situation qui ne devrait pas durer, puisque plusieurs économistes estiment que Francfort devrait à nouveau l’augmenter d’ici la fin 2018. Ce qui aurait pour conséquence une hausse des marges nettes d’intérêt au cours des trois années suivantes pour la plupart des banques, mais une baisse de la valeur économique de leurs fonds propres, selon le superviseur bancaire.