Bilan

La CNS a tourné la page de la crise

06 Septembre 2017 Par Jonas Mercier
CNS Médicaments
Si la crise n’est plus qu’un mauvais souvenir et que la situation financière de la Caisse est particulièrement bonne, sa gestion doit être maintenue sous contrôle, estime Nicolas Henckes, le représentant du patronat auprès de la CNS. (Photo: Licence C. C.)

L’année 2016 aura été marquée par la fin d’une politique de rigueur et d’économies et par une amélioration des prestations pour les assurés, estime la Caisse nationale de santé (CNS) dans son rapport annuel, publié mercredi. Mais de nombreux défis l’attendent encore.

On savait déjà qu’elle avait clôturé l’année 2016 avec des recettes supérieures de 182 millions d’euros à ses dépenses, ce qui lui permettait d’avoir un matelas confortable de 338 millions d’euros d’excédents cumulés.

Mais c’est un bilan plus qualitatif qu’a rendu aujourd’hui la CNS. «À mi-temps d’une période législative, 2016 fut remarquée aussi dans le domaine de l’assurance maladie par la fin d’une politique de rigueur et d’économies instaurée depuis la crise financière surgie à partir de 2008», rappelle ainsi le président de l’institution, Paul Schmit, dans son mot d’introduction.

«Si on peut aussi tirer un bilan globalement positif de cette politique déterminée et volontariste (d’austérité, ndlr), il y a néanmoins lieu de soulever objectivement ses limites», ajoute-t-il.

En effet, Paul Schmit estime que le principal effort financier a été porté durant cette période de vache maigre par les assurés, et il était logique de leur renvoyer l’ascenseur en améliorant certaines prestations, notamment dans les domaines de la médecine dentaire et des aides visuelles, où de nouveaux remboursements ont été annoncés.

Les limites ont aussi été atteintes dans les relations de la CNS avec ses prestataires, dont certains ont été «mis en difficulté» par les mesures dites du budget de nouvelle génération ou les gels des valeurs monétaires.

Une gouvernance tripartite saluée de tous

La gestion de la CNS est donc entrée dans une nouvelle phase en 2016, plus en faveur des assurés et des prestataires. Mais si la crise n’est plus qu’un mauvais souvenir et que la situation financière de la Caisse est particulièrement bonne, sa gestion doit être maintenue sous contrôle.

C’est en tout cas l’avis de Nicolas Henckes, le représentant du patronat auprès de la CNS. «Sur un budget total d’environ 3 milliards d’euros, 180 millions sont très vite dépensés, d’autant plus si on prend en compte la croissance démographique à venir, les coûts de l’automatisation de la médecine et le vieillissement démographique», explique-t-il.

De plus, la revalorisation des carrières dans le secteur de la santé, de l’aide et des soins (SAS) et dans le système hospitalier, négociées au printemps avec les syndicats, devrait très largement impacter le budget de la CNS.

Selon un estimation interne de l’institution effectuée en début d’année, ces augmentations salariales vont peser au moins 60 millions d’euros dans ses comptes. «Il s’agit de signaux catastrophiques», s’alarme Nicolas Henckes. «Si on continue à faire des cadeaux politiques comme ça, la bonne santé financière de la CNS va vite se détériorer.»

Car chaque année, l’importance de la CNS augmente. Elle a enregistré 2,5% d’assurés en plus en 2016, soit 813.124 personnes au total, dont 276.701 ne résident pas au Luxembourg. Et effectué 4 millions de virements, soit 80.000 de plus qu’en 2015.

Mais l’ensemble des membres de la gouvernance tripartite, composée de représentants de l’État, du patronat et du salariat, sont d’accord pour dire que le modèle gestion des affaires de la CNS est le plus adapté. Même si les points de vue divergent parfois.

«Nous nous trouvons plus sur un terrain consensuel que conflictuel», confirme Christophe Knebeler, le représentant du syndicat LCGB.

L’un des points de convergence des trois parties est celui de la lutte contre la fraude. À ce sujet, des efforts importants ont été faits en 2016. «Les ressources correspondantes y ont été affectées, tant au niveau juridique qu’au niveau informatique ou administratif, et des collaborations internes et externes», rappelle Paul Schmit.