Négociations du Brexit

La City restera soumise aux directives de Bruxelles

31 Juillet 2018 Par Jean-Michel Hennebert
En excluant les services financiers de son système d’arbitrage indépendant, le gouvernement britannique accorde un droit de veto à Bruxelles sur ses réformes du système financier. (Photo: Licence C.C.)

Si le gouvernement de Theresa May avait proposé, mi-juillet, la mise en place d’un système d’arbitrage indépendant pour déterminer si la législation britannique était assez proche des textes en vigueur dans l’UE, il annonce désormais que les services financiers en sont exclus.

Les services financiers restent encore et toujours un sujet épineux des négociations de part et d’autre de la Manche. Si le gouvernement britannique a publié le 12 juillet dernier son livre blanc dévoilant sa vision pour l’après-Brexit, à l’origine du départ de plusieurs ministres de Theresa May, les négociations n’en sont pas moins compliquées pour autant.

Preuve en est le rejet par Michel Barnier, négociateur en chef pour l’UE, de l’idée d’introduire un système d’arbitrage indépendant destiné à vérifier si les différentes réglementations britanniques étaient assez proches de celles en vigueur au sein des Vingt-Sept afin de maintenir un accès britannique au marché unique. Une proposition interprétée par Bruxelles comme une manière de priver l’Union «de son autonomie de prise de décision».

Droit de veto accordé à Bruxelles

Lundi, cependant, les autorités britanniques ont affirmé que les services financiers étaient exclus de ce dispositif, arguant d’une «mauvaise interprétation» de deux sections du Plan de Chequers, selon le Financial Times. Theresa May souhaite donc faire de la City un centre financier traité par Bruxelles de la même manière que New York ou Singapour, à savoir fonctionnant selon des règles qui possèdent «une équivalence» avec celles en vigueur au sein de l’UE.

Donc bien loin de la vision défendue par les acteurs de la City ou la Bank of England, qui plaident pour la mise en place du «système financier le plus complexe du monde», solution jugée «plus cohérente avec la flexibilité, quitte à avoir des normes plus strictes si nécessaire» plutôt que de «couper et coller les règles européennes». Dans les faits, la position du gouvernement de Theresa May octroie à l’UE un droit de veto sur les éventuelles futures réglementations financières appliquées à la City si cette dernière souhaite conserver un accès au marché unique.

51% des Britanniques favorables à un second référendum

C’est dans ce contexte toujours compliqué pour l’exécutif britannique qu’a été publié un sondage sur le futur accord entre Bruxelles et Londres. Pour près de deux tiers des Britanniques (65%), le texte leur sera défavorable, selon les conclusions d’une enquête sollicitée par Sky News. Un chiffre en forte hausse par rapport à la dernière édition réalisée en mars, puisque seuls 50% des sondés se disaient pessimistes.

Cette tendance va d’ailleurs de pair avec la montée des voix demandant un second référendum. Ils sont désormais 51% à se dire favorables à cette idée, selon un sondage de l’institut YouGov réalisé pour The Times. Une pétition dans ce sens, lancée mercredi dernier par The Independent, a récolté à ce jour plus de 300.000 signatures.