Bilan 2017

La banque privée consolide ses acquis

21 Septembre 2018 Par Jean-Michel Lalieu
De gauche à droite: François Dacquin, Pierre Etienne et Patrick Wagenaar, président et vice-présidents du PBGL. (Photo: ABBL)

La santé du secteur de la banque privée au Luxembourg reste bonne. Un message que le secteur aime rappeler, alors que beaucoup le voyaient sombrer avec la fin du secret bancaire.

Le secteur de la banque privée luxembourgeois a vécu une année 2017 stable. Les actifs sous gestion ont augmenté de 0,7% à 363,4 milliards d’euros (360,7 milliards fin 2016), tirés par les effets de marché, alors que les revenus sont en croissance d’environ 5% (1,73 milliard d’euros).

«Nous avons vécu une année de consolidation, après plusieurs années de croissance», note Pierre Etienne, administrateur délégué de Pictet Luxembourg et président du Private Banking Group Luxembourg (PBGL), le cluster de l’ABBL. Il rappelle qu’en 2008, les actifs étaient de 225 milliards, et ont donc connu une progression de 61% en 10 ans.

Des fortunes majoritairement européennes

L’enquête annuelle menée conjointement avec la CSSF montre aussi que la clientèle continue à évoluer vers les plus grandes fortunes. «En 3-4 ans, nous sommes passés de 67% à 70% de clients de plus de 5 millions d’euros, c’est donc une tendance qui se confirme», poursuit Pierre Etienne.

Quant à l’origine géographique, elle reste largement européenne. «La spécificité du Luxembourg est clairement de servir une clientèle internationale de type européenne», convient François Dacquin, CEO Wealth Management chez BGL BNP Paribas et vice-président du PBGL.

À la tête de la filiale d’une banque suisse, Pierre Etienne confirme que le Luxembourg est de plus en plus fréquemment perçu comme un hub européen pour les banques extérieures à l’Union européenne. «C’est le cas des banques helvétiques, mais aussi des chinoises», explique-t-il. «C’est depuis le Grand-Duché que ces banques implantent des succursales commerciales sur le territoire de l’UE.»

Le Brexit ne nous empêchera pas d’entrer en contact avec des clients potentiels dans ce pays.

Pierre Etienne, président PBGL

Quant au Brexit, les responsables du private banking le voient aussi plus comme une opportunité qu’un handicap. «Il ne nous met pas en danger», insiste le président du PBGL. «Mais en cas de non-accord, le Royaume-Uni deviendra un marché similaire à la Suisse. Ça ne nous empêchera pas d’entrer en contact avec des clients potentiels dans ce pays.»

Par contre, l’opportunité vient du fait qu’il peut faire venir de nouveaux acteurs sur la Place luxembourgeoise. «Mais il faut que ce mouvement reste raisonnable. Si 15.000 employés venaient de Londres en peu de temps, cela provoquerait une pression sur les salaires et poserait de sérieux problèmes de logistique.»