À Strasbourg

Juncker attendu sur sa vision de l’avenir de l’UE

13 Septembre 2017 Par Jean-Michel Hennebert
Le sixième scénario sur l’avenir de l’UE, soit la vision personnelle de Jean-Claude Juncker, devrait être dévoilé ce mercredi devant les eurodéputés. 

Le traditionnel discours sur l’état de l’Union se déroule ce mercredi à partir de 9h. Pour le troisième exercice de son mandat, le président de la Commission européenne devrait adopter un ton moins grave qu’en 2016. Et surtout, livrer un scénario de reconstruction.

Pour la troisième fois depuis sa prise de fonction à la tête de l’exécutif européen, Jean-Claude Juncker se retrouve, ce mercredi, au cœur de l’hémicycle du Parlement européen de Strasbourg. Un exercice imposé par le traité de Lisbonne qui doit donner le ton de la rentrée politique sur la scène européenne. En 2016, quelques semaines après le référendum en faveur du Brexit, le sérieux et l’absence d’ironie et de lyrisme avaient marqué les esprits.

Le millésime 2017 devrait cependant être différent. Non que la question du Brexit soit en cours de réalisation dans un climat serein ou que certains pays membres ne s’opposent plus aux décisions prises par la Commission, mais par les volontés de plus en plus affichées de réformer l’Union. Preuve en est la mise à l’écart, en France et aux Pays-Bas, des partis d’extrême droite et le regain d’intérêt pour les questions européennes en Allemagne, notamment dans la campagne législative. Sans oublier les initiatives prises par le Luxembourg, la Belgique et la France pour créer «une coalition de bonne volonté» destinée à établir «un nouvel ordre européen».

Discours au timing limité

Le discours de mercredi pourrait donc renouer avec l’optimisme, avec en fil rouge un retour sur les cinq scénarios présentés en mars dernier dans un livre blanc dédié à l’avenir de l’Europe. Sans compter que le Luxembourgeois pourrait y dévoiler une sixième option, soit la vision personnelle du président de la Commission sur l’UE de demain. Un scénario élaboré en collaboration avec les 27 commissaires européens, consultés depuis plusieurs semaines sur les priorités dans leur domaine d’expertise. Le discours qui sera prononcé à partir de 9h, ce mercredi, a également été discuté avec les présidents de groupe du Parlement européen, ainsi qu’avec les représentants permanents à Bruxelles de chaque État membre.

Seule certitude, la troisième allocution de Jean-Claude Juncker dans l’exercice du discours sur l’état de l’Union sera bien différente de celle qu’il avait l’habitude de prononcer rue du Marché-aux-Herbes. Car si l’ancien locataire du ministère d’État pouvait détailler sa vision de la situation du Grand-Duché pendant deux heures, le président de la Commission ne possède qu’un maximum de 50 minutes pour établir son diagnostic pour l’Union européenne…