Dirigeants et engagés (6/9)

Jean Hilger: «Faire du bien n’a pas de prix»

14 Juillet 2017 Par Jean-Michel Gaudron
Jean Hilger
Jean Hilger dans le cadre de l’inauguration d’un centre médical à Porto-Novo, au Bénin. (Photo: DR)

Ils sont dirigeants d’entreprise, cadres supérieurs ou avocats. Ils ont une carrière déjà bien remplie et réussie. Et ils donnent de leur temps – et souvent bien plus – au profit de causes humanitaires, au Luxembourg ou ailleurs. Paperjam.lu consacre une série à quelques-uns de ces bienfaiteurs, d’habitude généralement plutôt discrets sur leurs engagements. Aujourd’hui, Jean Hilger (Banque et caisse d’épargne de l’État/Fondation Follereau Luxembourg)

Tel père, tel fils. C’est presque naturellement que Jean Hilger, CIO à la BCEE et responsable du cluster Digital Banking and Fintech à l’ABBL, a repris le flambeau de son père, Jos, un des pionniers qui ont contribué à la création d’un réseau d’associations de lutte contre la lèpre, aux côtés de Raoul Follereau. Aujourd’hui président de la Fondation Follereau Luxembourg, qui a fêté ses 50 ans en décembre dernier, Jean n’hésite pas à se rendre lui-même en Afrique (ce printemps au Bénin) pour contribuer à des projets touchant la santé publique communautaire et l’aide à l’enfance en détresse. Active dans neuf pays africains, au travers de 35 projets par an, la fondation tente de garantir les droits humains de base aux personnes les plus démunies.

Motivé par «une capacité de révolte contre toute injustice et la certitude que l’engagement personnel persévérant sait réparer des injustices», M. Hilger réfute toute tentative de faire porter à d’autres certaines responsabilités.

Sincèrement, le seul compliment qui fait réellement plaisir est celui de voir un ami retrousser ses manches.

Jean Hilger, président de la Fondation Follereau Luxembourg

 «On ne peut plus se cacher. Rendre responsables des institutions, l’ordre mondial ou le voisin qui gagne plus ne sont plus des esquives plausibles. On est soi-même en première ligne! Il est scandaleux, honteux et inacceptable que chaque année, 300.000 femmes meurent de causes évitables liées à la grossesse et à l’accouchement, par simple manque d’accès aux soins, surtout si l’on sait bâtir de manière très efficace des maternités et lorsque l’on a acquis l’expérience de les faire fonctionner.»

En quête de reconnaissance

Pouvoir continuer à disposer de capacités financières et humaines suffisantes pour étendre son action en Afrique, mais aussi faire en sorte que le travail de la fondation soit (re)connu de tous et valorisé sont ses deux chevaux de bataille.

«Il est vrai que parfois, cela m’ennuie d’entendre: ‘C’est bien, ce que tu fais!’, comme si j’étais différent, comme si celui qui veut me faire ce compliment n’aurait pas les mêmes moyens. Sincèrement, le seul compliment qui fait réellement plaisir est celui de voir un ami retrousser ses manches. Mais au final, tout le bien que l’on peut faire à une personne, un enfant, un village… rencontrer ces hommes et ces femmes qui vous remercient d’avoir changé leur vie alors que personne ne se préoccupait de leur sort, tout cela n’a pas de prix. Le bien que l’on peut faire est immense!»

Toutes les informations sur la Fondation Follereau Luxembourg sont ici.