Brexit

Jean Asselborn se prépare à toutes les éventualités

08 Juin 2018 Par Audrey Somnard et Duncan Roberts
Jean Asselborn Michel Barnier
Jean Asselborn avec le négociateur en chef de l’UE, Michel Barnier, en mars dernier.  (Photo: MAEE)

En prélude du Conseil des ministres de l’UE à la fin du mois de juin, le ministre des Affaires étrangères, Jean Asselborn, s’est confié à nos collègues de Delano sur les négociations actuelles du Brexit.

Le ministre des Affaires étrangères a donné à nos collègues de Delano sa vision des négociations en cours entre l’Union européenne et les Britanniques dans le cadre du Brexit. Si Jean Asselborn regrette la décision des Britanniques, «il faudra bien faire avec», énonce-t-il, philosophe.

«Des progrès significatifs doivent encore être réalisés afin de parvenir à un accord sur toutes les questions en suspens avant le Conseil européen de juin. Une fois qu’un accord aura été trouvé sur les conditions de sortie, les détails du cadre de nos futures relations avec le Royaume-Uni seront discutés. Cela étant dit, nous attendons actuellement que le gouvernement britannique fournisse plus de détails sur ses attentes quant à la nature et à la forme des relations futures entre l’UE et le Royaume-Uni.»

Si le Luxembourg a porté le problème du statut des Britanniques vivant au sein de l’Union européenne, «afin de s’engager efficacement dans cette partie des négociations, le gouvernement britannique doit présenter une position claire», a déclaré le ministre. Une position qui est tout sauf claire pour le moment. «L’intégrité du marché commun et des quatre libertés est non négociable», a-t-il ajouté.

Les Européens soutiennent les Irlandais et veulent garder une frontière ouverte

Mais c’est la question de la frontière irlandaise qui est une grosse épine dans le pied des Britanniques.

Les Européens soutiennent les Irlandais et veulent garder une frontière ouverte, conforme à l’accord du Vendredi saint de 1998. Une difficulté que les Britanniques n’arrivent pour l’instant pas à surmonter: «La question de la frontière irlandaise n’est pas seulement une question économique que nous traitons, mais aussi une question d’importance politique et symbolique majeure. D’où la nécessité de maintenir la frontière ouverte, même après le retrait du Royaume-Uni (...), la sécurité des citoyens d’un côté ou de l’autre de la frontière ne peut pas être compromise par une frontière physique dure à travers l’île irlandaise.»

Et si les Britanniques ne trouvent pas de solution concrète sur la question de la frontière irlandaise, les Européens sont prêts à garder l’Irlande du Nord dans le marché commun, afin de préserver l’absence de frontière physique entre les deux Irlandes: «Si les propositions britanniques ne sont pas satisfaisantes et que la question de la frontière irlandaise n’est toujours pas résolue, l’UE27 a déjà suggéré d’inclure une solution de repli dans le projet d’accord de retrait. Cette proposition maintiendrait essentiellement l’Irlande du Nord dans un ‘espace réglementaire commun’ avec l’UE27. Cette solution de filet de sécurité est adaptée à la situation unique de l’île d’Irlande et se limitera à ce qui est nécessaire pour éviter une frontière dure tout en préservant l’intégrité du marché unique et de l’union douanière. Après tout, nous devons trouver une solution commune à la question de la frontière irlandaise le plus rapidement possible.»