Dans le Land

Fumer bon marché

02 Novembre 2017 Par Paperjam.lu
Une du Land du 02 novembre
Cette semaine, le Land revient notamment sur l'optimisation fiscale de Volkswagen récemment dévoilé. (Photo: d'Lëtzebuerger Land)

Chaque semaine, Paperjam.lu vous propose de découvrir les grands dossiers qui font la une du Lëtzebuerger Land. Cette semaine, focus sur le marché du tabac dans la Grande Région.

En France, les droits d’accise sur les cigarettes vont augmenter en étapes jusqu’à la fin de 2020, un paquet de cigarettes pouvant alors coûter dix euros. En Belgique, les accises sont en hausse depuis 2016 et pourraient augmenter à nouveau en 2018 et 2019. Au Luxembourg par contre, rien n’est prévu, selon le ministère des Finances. Et ce bien qu’au grand-duché le niveau d’imposition sur les cigarettes soit proche du minimum prescrit par une directive européenne et que tout le monde soit d’accord sur le fait que, évidemment, fumer nuit à la santé. Mais parce que les changements en matière de TVA sur le commerce électronique doivent encore être digérés par les finances d’État, il est difficile de renoncer aux énormes rentrées générées par le commerce des stations-service dont les produits sont considérés comme un «package». Dans ces circonstances, les hausses d’impôt sur les cigarettes dans les pays voisins sont les bienvenues, car pas mal de fumeurs trouveront leur chemin vers le Luxembourg pour s’approvisionner.

9 sur l’échelle de Richter

Personne n’avait vu venir le recentrage «bürgerlich» du paysage politique d’Esch-sur-Alzette, qui s’est fait aux dépens de la gauche (LSAP, Déi Lénk et KPL). Les chrétiens-sociaux, les verts et les libéraux étaient eux-mêmes pris au dépourvu par leur propre victoire. Alors que le prochain maire, Georges Mischo (CSV), s’apprête à gouverner «Esch-la-Rouge», le LSAP tente de se recomposer autour de Taina Bofferding. Quatre semaines après le scrutin du 8 octobre, le Land retourne à Esch et relate la naissance de nouvelles ambitions politiques, les lois du karma et l’émergence d’une énième «Dolchstoßlegende».

Scandale d’optimisation fiscale

Après quelques mois sans scandale majeur, c’est une nouvelle constellation de médias composée du Spiegel, de Mediapart et du collectif EIC qui reproche au constructeur d’automobiles Volkswagen d’utiliser le Luxembourg pour éviter de payer des impôts sur les dividendes en Allemagne et faire transiter des prêts intra-groupe pour créer des intérêts que les filiales de Volkswagen à travers le monde peuvent déduire de leur facture fiscale. Ce que les journalistes d’investigation ont loupé, c’est que Volkswagen immunise ces intérêts contre l’imposition en les mettant dans les réserves de sa société de financement – 300 millions d’euros jusque fin 2016 –, jusqu’à une éventuelle distribution d’une prime de conversion de prêt à son actionnaire, la société de participation VW à Luxembourg. Même le ministre des Finances, à travers le comité du risque systémique qu’il préside, semble d’avis que les Soparfi sont toutes des coquilles vides sans substance; c’est en tout cas ce qu’écrivent des collaborateurs de la BCL dans un rapport sur le «shadow banking» au Luxembourg, publié cette année par ledit comité.

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