LuxFilmFest

«Foxtrot», Grand Prix du festival

04 Mars 2018 Par France Clarinval
Lior Ashkenazi
Lior Ashkenazi, acteur principal de «Foxtrot», reçoit le Grand Prix by Orange des mains de Thierry Iafrate, directeur Marketing d’Orange Luxembourg. (Photo: Edouard Olszewski)

La 8e édition du Luxembourg City Film Festival s’achève avec un bilan très positif et un palmarès contrasté, qui reflète la diversité de la programmation.

C’est à Colette Flesch, présidente de l’asbl Festival de cinéma, qu’est revenu le plaisir d’annoncer que le cap des 30.000 participants au festival a été dépassé cette année. Une gageure au vu des aléas climatiques et de la vague de grippe qui a sévi ces derniers jours. Un chiffre qui devra être affiné et nuancé pour bien mesurer ce qui a fonctionné ou pas dans cette édition.

Mais avant le bilan, un hommage a été rendu au réalisateur Volker Schlöndorff («Le Tambour», «L’honneur perdu de Katharina Blum», «Les désarrois de l’élève Törless»…), en lui remettant un prix d’honneur. Le réalisateur allemand connaît bien le Luxembourg pour y avoir tourné «Le neuvième jour» en 2004 et s’est montré très enthousiaste de «la cinéphilie affirmée des Luxembourgeois».

Claude Bertemes (cinémathèque de Luxembourg remet le prix d'honneur au réalisateur Volker Schlöndorff.

L’heure était avant tout au palmarès. Plusieurs jurys ont eu à départager les films et, sans se concerter, ils ont ainsi pu récompenser des films variés, venus d’horizons très hétéroclites et traitant de sujets contrastés.

Le jury international, présidé par Atom Egoyan, a attribué le Grand Prix by Orange au film israélien «Foxtrot» de Samuel Maoz, «qui excelle à tous points de vue dans sa narration puissante et envoûtante sur la perte de l’innocence, tant au niveau personnel et familial qu’au niveau, plus provocateur, de l’État».

Lior Ashkenazi, l’acteur principal du film venu recevoir le prix, n’a pas manqué de souligner à quel point «Foxtrot» avait suscité le débat et la polémique en Israël, ce qui n’est pas étonnant au vu du point de vue antimilitariste qui dénonce l’absurdité et l’incompétence des rouages de l’armée qui y sont développées.

Le jury international a aussi attribué une mention spéciale à «Pity» de Babis Makridis et a salué «la qualité de la compétition officielle en général».

Le Prix du documentaire by BGL BNP Paribas a été attribué à «Over the Limit» de Marta Prus: «C’est un documentaire sportif, à la fois original et astucieux, dépeignant une jeune femme conciliant engagements sportifs et personnels. C’est une vision singulière d’une personne fragile suivie dans sa transition puissante vers la libération», a justifié Mimi Plauché, la présidente du jury, qui a aussi donné une mention spéciale à «Lots of Kids, a Monkey and a Castle» de Gustavo Salmerón. Deux films qui traitent de sujets moins difficiles et moins ancrés dans l’actualité que les autres films en compétition.

Marta Prus, réalisatrice de Over the Limit, Prix du documentaire

Marta Prus, réalisatrice de «Over the Limit», Prix du documentaire

Une sélection violente

Le Prix de la critique, choisi par le jury issu de l’Association luxembourgeoise de la presse cinématographique, a été attribué à «Sweet Country» de Warwick Thornton. «Un film fort au message universel, malgré son ancrage dans une histoire et une géographie particulières, qui est une parfaite illustration de la thématique de la hiérarchie des pouvoirs qui a été à l’œuvre dans plusieurs films de la compétition.»

C’est «Gutland», du Luxembourgeois Govinda van Maele, qui remporte le Prix du public. Alors que le jury jeune a salué «Lean on Pete» d’Andrew Haigh, le jury des enfants a choisi «Wolkenjunge», et le coup de cœur des enfants va à «Luis et les Aliens» de Christoph et Wolfgang Lauenstein et Sean McCormack.

Govinda Van Maele, réalisateur de Gutland, une partie de l'équipe et Thierry Iafrate, Orange Luxembourg.

Govinda van Maele, réalisateur de «Gutland», et une partie de l’équipe du film

On retiendra de cette sélection officielle un grand nombre de films marqués par la violence, particulièrement envers les femmes, et par la vacuité et l’ennui qui conduisent les personnages aux actions les plus extrêmes. Un reflet peu réjouissant du monde actuel, que ce soit à travers la fiction ou les documentaires.