Finance verte

Faire pousser les «green bonds» dans le monde émergent

29 Mai 2018 Par Jean-Michel Lalieu
Karin Finkelston (IFC) et Pierre Gramegna ont signé un accord pour une aide d’un million d’euros du Luxembourg. (Photo: DR)

Dans son rôle de pionnier de la finance verte, le Luxembourg veut aider la Société financière internationale (Banque mondiale) à initier les banquiers du monde émergent aux obligations vertes. Il vient de lui accorder un financement d’un million d’euros dans le cadre d’un programme d’assistance.

En avril 2017, le ministre des Finances, Pierre Gramegna, était à Washington pour le lancement du Green Cornerstone Bond Fund, logé au Grand-Duché et listé à la Bourse de Luxembourg.

Ce vaste fonds a été initié par la Société financière internationale (IFC), l’outil de la Banque mondiale pour le développement via le secteur privé dans les pays émergents, et le géant européen des fonds d’investissement Amundi. Il vise à lutter contre le réchauffement climatique en finançant des initiatives privées dans le monde émergent par l’intermédiaire d’obligations vertes locales.

Mais tout reste à créer. Si les obligations vertes ont de plus en plus de succès en Europe, en Chine et aux États-Unis, elles doivent encore être découvertes par les institutions financières des pays émergents.

Éducation aux «green bonds»

Pour aider à franchir ce pas, le Luxembourg, toujours via son ministre des Finances, vient de signer un nouvel accord ce mardi avec l’IFC pour développer la finance verte dans les marchés émergents.

En clair, le gouvernement accorde un million d’euros à l’IFC dans le cadre d’un programme d’assistance technique lié au fonds.

Il ne s’agit donc pas d’investir dans le fonds d’Amundi. Rebaptisé Amundi Planet Emerging Green One, ce fonds a clôturé sa recherche de capitaux de 2 milliards de dollars auprès d’investisseurs institutionnels – dont 325 millions injectés par l’IFC.

L’objectif du soutien luxembourgeois est d’aider notamment la formation de banquiers des pays émergents au nouvel outil des obligations vertes qui visent à investir dans des projets positifs pour l’environnement. Et pour cela, l’IFC compte notamment sur l’expérience du Luxembourg Green Exchange, qui reste la première «bourse verte» au monde.

Nous pouvons faire la différence grâce à notre place financière de plus en plus orientée vers la finance verte.

Pierre Gramegna, ministre des Finances

Pour le ministre Gramegna, ce nouvel accord est une étape de plus en vue de faire du centre financier grand-ducal une Place toujours plus verte. «En raison de notre taille, l’impact de notre pays vis-à-vis du changement climatique n’est pas très important, souligne-t-il. Mais nous pouvons faire la différence grâce à notre place financière de plus en plus orientée vers la finance verte.»

Le Luxembourg et l’IFC sont aussi des partenaires de longue date. Karin Finkelston, vice-présidente de l’institution basée à Washington, rappelle que le Grand-Duché a déjà contribué à hauteur de 28 millions de dollars pour soutenir les programmes de l’IFC et qu’un nouvel investissement de 8,65 millions de dollars sur quatre ans est en discussion. «De plus, le listing du fonds vert au Luxembourg a été vital pour attirer les investisseurs», insiste-t-elle.