Bilan culturel - Casino Luxembourg – Forum d’art contemporain

«Faire du Casino un lieu vivant»

05 Août 2017 Par France Clarinval
«Nous voulons nous ouvrir à de nouveaux publics, aller à leur rencontre», explique Kevin Muhlen.
«Nous voulons nous ouvrir à de nouveaux publics, aller à leur rencontre», explique Kevin Muhlen. (Photo: Sven Becker)

Tout au long de l’été, Paperjam.lu interroge les responsables d’institutions culturelles pour dresser le bilan de l’année écoulée et se pencher sur la saison à venir. Kevin Muhlen, directeur artistique du Casino Luxembourg, présente son analyse.

Monsieur Muhlen, quel bilan tirez-vous de la saison écoulée?

«Depuis le début de l’année 2017, de nombreuses expositions, intra et extra-muros, ont rythmé la programmation du Casino. On retiendra bien évidemment la Biennale de Venise avec l’exposition Thank you so much for the flowers de Mike Bourscheid, co-organisée avec le ministère de la Culture. La coordination logistique que nécessitait cet événement phare, entre le Canada où vit Mike Bourscheid, Venise et Luxembourg, et la coordination média, notamment au niveau des relations presse internationales, ont été assurées par notre équipe et le résultat est remarquable, le pavillon jouissant d’ailleurs de la reconnaissance du milieu professionnel international tant de la part des directeurs et curateurs de musées que par les critiques d’art, galeristes et collectionneurs.

En parallèle à l’organisation de la Biennale, l’équipe du Casino a mené de front les trois grandes expositions in-house – les monographies du duo allemand Fort et de Mikhail Karikis (présentée jusqu’au 15 octobre, ndlr), ainsi que l’exposition collective réalisée dans le cadre du Mois européen de la Photo.

(Photo: Eric Chenal)(Photo: Eric Chenal)(Photo: Eric Chenal)

Nous avons également inauguré, il y a quelques semaines seulement, deux projets majeurs dans l’espace public: Recto Verso de Wennig & Daubach au Parc central du Kirchberg, en collaboration avec le Fonds Kirchberg, et Air Deluxe du duo d’artistes HeHe, œuvre suspendue ‘dans le ciel’ de la rue Philippe II et l’avenue de la Porte-Neuve – un projet en association avec la Ville de Luxembourg et l’association des commerçants de la rue Philippe II.

Y a-t-il eu des nouveautés ces derniers mois?

«Nous avons instauré l’entrée gratuite à l’ensemble des espaces du Casino en janvier 2017. Cette mesure a déjà été partiellement amorcée en 2016 après la rénovation des lieux et dans le cadre de notre 20e anniversaire avec l’entrée libre au rez-de-chaussée et à l’espace de projection BlackBox, l’InfoLab, ‘l’Aquarium’ et le ca(fé)sino. Dorénavant, les expositions temporaires présentées au premier étage sont également gratuites. Suite à ce changement, nous avons pu constater une augmentation sensible du nombre de visiteurs ce qui nous a bien évidemment conforté dans notre décision.

Quel est votre coup de cœur pour la saison prochaine et pourquoi?

«Nous présenterons une importante exposition monographique de Martine Feipel et Jean Bechameil à l’automne prochain. C’est un travail qui s’inscrit dans une continuité, le Casino ayant coordonné leur présentation à la Biennale de Venise en 2011. Ici, l’exposition comportera de nouvelles productions d’œuvres et sera accompagnée d’un catalogue – le premier du duo d’artistes depuis la Biennale de Venise. Un satellite de l’exposition au Casino sera présenté à la Luxembourg Art Week. Il est important pour nous d’inclure régulièrement des artistes luxembourgeois dans notre programmation et de leur offrir une plateforme au rayonnement international tel que nous pouvons le garantir. Il en sera de même avec le projet de Filip Markiewicz que vous pourrez découvrir au dernier trimestre 2018. 

Quels sont les axes de développement pour les années à venir?

«Notre ‘nouveau’ lieu, tel que nous l’avons réalisé après les importants travaux de rénovation, nous sert aujourd’hui d’outil de travail pour mettre davantage l’accent sur la notion de forum d’art contemporain. En effet, nous avons littéralement ‘ouvert’ l’espace (notamment avec la nouvelle entrée du côté du boulevard Roosevelt) – un espace qui favorise la rencontre et l’échange. Nous voulons nous ouvrir à de nouveaux publics, aller à leur rencontre. Ainsi, nous poursuivons notre volonté de rendre la diversité et la richesse de l’art contemporain accessibles à tous les publics désireux de le découvrir en toute liberté et sans contrainte.

En parallèle, nous sommes en train de redéfinir et d’élargir notre programmation culturelle que nous souhaitons plus affirmée, voire plus en accord avec de nouveaux publics potentiels. In fine, nous aspirons, à travers ce nouvel axe dans la programmation, à faire du Casino un lieu vivant où l’on côtoie l’art contemporain sous toutes ses formes et de manière différente, et idéalement aussi en vue d’atteindre un nombre de visiteurs plus conséquent. 

Plus généralement, quels sont les points importants auxquels le monde de la culture doit faire attention et faire évoluer?

«Le monde de la culture du Luxembourg se trouve actuellement à un carrefour important. Si nous souhaitons poursuivre le développement culturel il faut que chacun soit à l’écoute et que nous travaillions ensemble. Définissons ensemble des points d’action et créons une vision d’ensemble afin de pouvoir développer une politique culturelle pertinente pour l’avenir. Cette dernière devra par la suite être soutenue par les politiques tout en garantissant l’indépendance artistique de chaque maison.»