Compétences Bien-être

Et si on dormait au bureau?

29 Septembre 2018 Par Jonas Mercier
Christine Hansen: «Le besoin de sommeil est très personnel, il faut compter entre 6 h et 9 h par nuit, selon les individus.»
Christine Hansen: «Le besoin de sommeil est très personnel, il faut compter entre 6 h et 9 h par nuit, selon les individus.» (Illustration: Hadi Saadaldeen / Maison Moderne)

Comme les appareils électroniques, les humains ont besoin de recharger leurs batteries pour fonctionner à 100% de leurs capacités. Le sommeil s’avère essentiel pour mener une vie professionnelle performante.

Les études le prouvent: le manque de sommeil affecte la vitesse avec laquelle nous traitons les tâches, détériore notre concentration, diminue notre créativité… 

En d’autres termes, mal dormir nuit gravement à la productivité des individus, et donc des entreprises. À l’heure où la classe politique s’interroge sur l’utilité de réduire le temps de travail, la sieste au bureau pourrait avoir un effet bien plus positif sur la performance des managers et de leurs employés. Selon les spécialistes, boire un café juste après le repas et s’assoupir pendant 20 minutes – c’est le temps qu’il faut à la caféine pour faire effet – est une formule idéale pour s’assurer une fin de journée fructueuse.

Mais dormir pendant les heures de travail est un tabou à l’heure actuelle, au Luxembourg comme chez ses voisins. La fatigue chronique doit pourtant être prise au sérieux, préviennent les spécialistes. «Un mauvais sommeil peut avoir comme causes le surplus de travail ou le stress, mais aussi certains déséquilibres hormonaux ou des problèmes de thyroïde», explique Christine Hansen, la fondatrice du cabinet Sleep Like A Boss.

Experte du sommeil, mais aussi thérapeute nutritionnelle, elle aborde avec ses clients le sujet par les deux perspectives. «Biologiquement, le manque de repos se traduit souvent par des infections dans l’appareil digestif. Améliorer la flore intestinale est l’une des premières choses que je conseille.»

Gérer son sommeil sur smartphone

Informer sur le fonctionnement du sommeil et son rôle sur l’organisme est une étape essentielle pour améliorer la situation. Mais il est nécessaire ensuite de travailler au cas par cas. «Le besoin de sommeil est très personnel, ajoute Christine Hansen. Il faut compter entre 6 h et 9 h par nuit, selon les individus.»

La start-up hollandaise Shleep a développé une application qui sert de coach personnel et permet de calculer ses heures de sommeil. Elle s’adresse aux grandes entreprises et promet une amélioration de la productivité. Sa fondatrice, Els van der Helm, a travaillé pendant plusieurs années pour le cabinet d’avocats McKinsey. «On trouve énormément de programmes de training dans ces grosses structures, pour gérer son temps, son stress, son leadership, etc. Mais on n’entend jamais le mot ‘dormir’», fait-elle remarquer.

Analyser son temps de sommeil et s’entourer des meilleurs spécialistes n’aura toutefois d’effet que si la volonté de dormir plus et mieux est bien réelle. À une époque où l’hyperactivité devient la norme au travail comme à la maison, le temps de repos est souvent le premier sacrifié. Bien souvent de manière inconsciente.