DANS LE LAND

Encore du changement

29 Mars 2018 Par Paperjam.lu
Le Land
Dans ce numéro, le Land revient notamment sur le premier Jobday transfrontalier.  (Photo: d'Lëtzebuerger Land)

Chaque semaine, Paperjam.lu vous propose de découvrir les grands dossiers qui font la une du Lëtzebuerger Land. Cette semaine, focus sur le parti du CSV et son chef de file Claude Wiseler. 

Le CSV ne veut pas se faire ringardiser par le gouvernement et revendique un mandat pour réformer le pays, comme l’ont fait le DP, le LSAP et les Verts en 2013. Le candidat tête de liste Claude Wiseler joue au conservateur moderne et décontracté, sûr de sa victoire en octobre prochain. Il parle de la nécessité de freiner la croissance, mais, ironie du sort, toutes ses propositions avancées samedi accélèreraient la croissance économique. Les 60 candidats présentés à la convention du parti à Ettelbruck ont été choisis avec précaution, des mandataires aguerris, des notables locaux. Tandis que le LSAP est redescendu sur terre pour son congrès, dimanche à Strassen, oubliant pour un instant le space mining et se concentrant sur les questions sociales, son créneau historique, auquel même Étienne Schneider, le ministre de l’Économie jugé très libéral, s’est plié, a gagné la confiance des délégués, qui l’ont approuvé sans discussion.

 

Hôtel derrière les barreaux

«Quoi qu’on fasse, on est toujours entre le marteau et l’enclume», constate Vincent Sybertz. «Pour les uns, on est trop sympas, pour les autres, on ne l’est pas assez...» Le juriste de formation est au Centre de rétention depuis sa phase de conception, au tournant de l’année 2010, à l’époque comme directeur adjoint de Fari Khabirpour, puis, depuis 2013, lorsque ce dernier a pris sa retraite, comme directeur. Il a continué, dans la philosophie de Khabirpour, le psychologue pacifiste, une approche très humaniste, misant sur un accueil décontracté dans le respect des droits humains des retenues, quelle que soit la raison de leur venue ici. «Nous ne les jugeons pas pour ce qu’ils ont fait à l’extérieur», ajoute Nathalie Majeres, directrice adjointe et criminologue de formation. Pour eux, leur mission commence lorsqu’un nouveau retenu est amené par la police – et ils n’ont pas de contrôle là-dessus, le dernier locataire est arrivé ce week-end – et se termine le jour où il traverse le portail, que ce soit avec la police pour être rapatrié dans son pays d’origine, ou à pied et seul, pour retrouver la liberté (ce qui est le cas pour un tiers des retenus). Le Land a visité le Centre de rétention, où il est question d’hospitalité, de respect et de junk food.

«C’est la réalité»

«Merci d’être venu!» – quelques minutes après le début du premier Jobday transfrontalier pour l’industrie et le secteur de la logistique mardi à Dudelange, les premiers entretiens d’embauche type «speed dating» étaient achevés. La majorité des candidats qui se présentaient à la demande de leur administration pour l’emploi étaient des frontaliers. Car l’Adem n’a pas les profils avec les qualifications recherchées parmi ses demandeurs d’emploi – même si la logistique était longtemps considérée comme le secteur où allaient pouvoir travailler les résidents peu qualifiés. Pour le ministre du Travail Nicolas Schmit (LSAP) et le maire de la ville Dan Biancalana (LSAP), c’était l’occasion de se féliciter de la réindustrialisation réussie de Dudelange. Tout le monde n’était pas convaincu de leurs exploits: lorsque les deux faisaient le tour de la foire d’emploi pour serrer des mains ici et là, un jeune demandeur d’emploi faisait demi-tour sur le talon.