Dans le Land

E-commerce

21 Décembre 2017 Par Paperjam.lu
Une du Land - 22 décembre 2017
Dans ce numéro, le Land revient notamment sur la grande exposition anniversaire du Luca. (Photo: d'Lëtzebuerger Land)

Chaque semaine, Paperjam.lu vous propose de découvrir les grands dossiers qui font la une du Lëtzebuerger Land. Cette semaine, focus sur la nouvelle plateforme de commerce Letzshop.

Letzshop, la plateforme de commerce qui doit faire fonction de portail en ligne pour tout le commerce, doit ouvrir ses portes virtuelles au premier trimestre 2018. Mais les experts mettent en garde contre des attentes trop élevées en termes de chiffre d’affaires qu’elle pourrait générer. Car entretenir un magasin, même virtuel, demande des investissements conséquents de temps et d’argent avant que les effets puissent se manifester. Le plus dur, pensent-ils, sera donc de convaincre les commerçants à faire ces investissements. Pourquoi l’État devrait-il financer un tel site, si dans le privé, c’est un modèle d’affaires que de fédérer plusieurs acteurs sur un même site, comme le fait Foostix avec un certain succès pour les restaurateurs? Et que les commerçants luxembourgeois sont libres de vendre sur Amazon? Ceux qui ont essayé cette dernière expérience en sortent purifiés de toute illusion. Le Land fait le tour du secteur.

Une du Land

Microcosmos

Wow! La première impression qu’on a en entrant dans la grande salle du premier étage du Luca (Luxembourg Center for Architecture) actuellement, c’est juste wow! Là où, normalement, des architectes se donnent la plus grande peine du monde pour structurer l’espace avec des cimaises et des dramaturgies plaisantes pour des expositions thématiques bien sages, l’équipe du Luca, autour de la directrice du lieu et commissaire de l’exposition Andrea Rumpf, a choisi l’accumulation, presque le trop-plein pour la grande exposition anniversaire du lieu, «Multi-Scale Luxembourg». Des étagères industrielles blanches forment des couloirs, chaque étagère a trois niveaux remplis à ras bord de maquettes de toutes sortes, formes et consistances, des tables blanches sur trépieds sont en plus posées entre les couloirs, pour les très grandes maquettes d’urbanisme ou de bâtiments d’envergure. Des néons installés dans les étagères font rayonner les maquettes, de petites inscriptions au Dymo (très important dans son esthétique 70’s) indiquent les catégories thématiques – architecture du quotidien, espace public, ouvrage d’art… –, des boîtes en carton sont posées au-dessus, elles auraient servi au transport des maquettes. Cela permet aussi de souligner encore une fois le caractère éphémère de l’entreprise, comme son urgence peut-être. C’est beau, c’est plein, c’est poétique et instructif. Critique dans le Land de cette semaine. 

Soumission

Le Code du travail compte entre-temps 652 articles et 360 pages, mais il reste muet sur une notion centrale du statut des salariés, auquel 94 pour cent de tous les actifs sont assujettis: le lien de subordination. Bien que le lien de subordination serve régulièrement de seule ou dernière preuve pour vérifier la fausse indépendance d’un collaborateur, bien que l’insubordination serve souvent de raison jugée légitime pour un licenciement sans préavis, le législateur refuse depuis deux siècles de définir cette relation essentielle, aussi bien dans le droit du travail que dans un Code civil qui évoque le contrat de travail dans des termes inchangés depuis le Code Napoléon. Ce sont donc les tribunaux qui ont été forcés de combler le vide juridique sans débat public, sans intervention du Parlement ou des partenaires sociaux. Peut-être qu’il y a aussi une explication pour cette omission surprenante: L’État démocratique s’arrête à l’entrée de l’usine ou du bureau. Pour quelques milliers d’euros mensuels, les citoyens et électeurs doivent renoncer à leur autodétermination et se soumettre aux chefs quand ils viennent au travail.

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