Coopération transfrontalière

«Développer une vision commune» pour le digital

25 Juin 2018 Par Ioanna Schimizzi
Christian Scharff, Marc Wagener, Nicolas Schmit, Rosemarie Clarner et Marco Houwen sont intervenus lors de la table ronde sur le thème «Travailler 4.0»
Christian Scharff, Marc Wagener, Nicolas Schmit, Rosemarie Clarner et Marco Houwen sont intervenus lors de la table ronde sur le thème «Travailler 4.0». (Photo: Ioanna Schimizzi)

Le forum économique transfrontalier «Greater Region 4.0 – The Greater Region goes digital» s’est clôturé ce vendredi avec la table ronde «Travailler 4.0». Plus que des annonces concrètes, il s’agissait surtout de recueillir les idées de différentes personnalités de la Grande Région, de Nicolas Schmit à Christian Scharff.

Pour clôturer les deux jours du forum économique transfrontalier «Greater Region 4.0 – The Greater Region goes digital», qui s’est tenu jeudi et vendredi dernier à la Chambre de commerce du Luxembourg, une table ronde avait lieu sur le thème «Travailler 4.0: entre défis et opportunités du monde du travail à l’ère numérique!».

Plusieurs pistes ont été évoquées, et tous les intervenants se sont accordés à dire qu’il fallait accélérer sur le sujet de la digitalisation.

«Il est évident que la gouvernance de la Grande Région est une problématique pour prendre des décisions concrètes, mais il faut que nous développions une vision commune sur la révolution numérique et le faire le plus rapidement possible, car c’est un enjeu essentiel qu’il ne faut pas rater», a confirmé Nicolas Schmit, ministre du Travail, de l’Emploi et de l’Économie sociale et solidaire.  

Repenser l’organisation du travail avec le digital

«Il y a beaucoup de questions autour du travail et de l’impact des nouvelles technologies sur son organisation, notamment», précise-t-il. «Et certains entrepreneurs ont encore en tête des prévisions qui tablaient sur une disparition de 40%, voire 50%, des emplois à cause de la digitalisation. Cela donnait une vision extrêmement catastrophique de la révolution numérique. Or, désormais, les prévisions ont été corrigées et sont d’un tout autre registre. Il s’agira moins de disparition que de transformation.»

Pour Marc Wagener, directeur Affaires économiques à la Chambre de commerce du Luxembourg, «tout l’enjeu de la révolution numérique est de parler de la flexibilisation du travail. On ne travaillera plus de la même manière qu’aujourd’hui. Il faut se défaire des contraintes d’espace, penser en termes de télétravail, de mobilité. Il est nécessaire de mettre en place un cadre général avec des règles du jeu établies par tous les acteurs: partenaires sociaux, entreprises, écoles, organismes de formation, etc.»

«Partager les initiatives des différents États»

«Ce qu’il faut éviter, c’est qu’un phénomène de polarisation se mette en place», a averti celui qui est également directeur des affaires courantes de la Fondation Idea. «Toutes les entreprises n’ont pas encore intégré la transformation numérique, certaines sont plus en avance que d’autres, c’est pourquoi il est important d’avoir un business model qui puisse s’adapter pour échanger les bonnes pratiques.»

Une des problématiques de la révolution numérique associée au monde du travail est «de trouver les talents pour ces nouveaux métiers», a insisté Christian Scharff, président d’IMS Luxembourg. «C’est pourquoi le projet ‘Luxembourg Digital Skills Bridge’ est une très bonne initiative.»

Un marché du travail qui est donc en pleine mutation et qui nécessite «d’échanger et de partager les bonnes initiatives de tous les États de la Grande Région», a appuyé Nicolas Schmit.