Année européenne de la culture

Deux nouveaux directeurs pour Esch 2022

17 Mai 2018 Par France Clarinval
Esch-sur-Alzette
La Ville d’Esch-sur-Alzette espère que son année culturelle sera sauvée par de nouvelles recrues. (Photo: Maison moderne / archives)

L’association porteuse du projet «Esch, capitale européenne de la culture en 2022» s’apprête à changer de tête. Robert Garcia nous décrit le profil du candidat idéal.

Le long feuilleton qui déchire l’asbl Esch 2022 depuis plus de six mois vient de trouver une issue. Le 9 mai dernier, le conseil d’administration a décidé à l’unanimité de ses 20 membres de recruter un(e) directeur(trice) général(e) et un(e) directeur(trice) administratif(ve), tout en ménageant une place dans l’organigramme au coordinateur, Andreas Wagner, et à la directrice artistique, Janina Strötgen, qui portaient pour l’instant le projet. 

«L’information aurait dû être donnée aux intéressés en premier, mais a fuité dans la presse avant», regrette Robert Garcia, ancien coordinateur de l’année culturelle 2007 et membre du groupe de travail ad hoc mis en place en mars dernier pour conseiller l’asbl. Andreas Wagner et Janina Strötgen, eux, n’ont pas voulu commenter cette information «avant de recevoir une proposition de la part du CA». Pour l’instant, les deux ont un CDD jusque fin juin, après que leur contrat a été prolongé de six mois.

Le travail de réflexion sur l’artistique et le contenu mené par les coordinateurs est un très bon travail, mais le cadre administratif et financier n’a pas assez avancé.

Robert Garcia, ancien coordinateur de l’année culturelle 2007 et membre du groupe de travail ad hoc

Tensions larvées

Cette fuite n’est pas faite pour apaiser les tensions entre les coordinateurs et les édiles de la Ville d’Esch qui, depuis leur arrivée à l’hôtel de ville, font preuve de méfiance à l’égard du duo de concepteurs. Le bourgmestre, Georges Mischo (CSV), et son échevin de la Culture, Pim Knaff (DP), n’ont pas voulu reprendre en bloc ce que Vera Spautz (LSAP), la précédente bourgmestre, avait soutenu. Et les épisodes de crises et d’explications ont été nombreux. Les nouveaux élus eschois reprochaient, parfois en des termes très durs, leur manque de compétences en gestion financière – le budget de 70 millions d’euros fait peur à plusieurs communes concernées –, l’absence d’une structure organisatrice forte et représentative, et la teneur peu claire du concept, pourtant salué par le jury européen qui a agréé le dossier de candidature.

«Le travail de réflexion sur l’artistique et le contenu mené par les coordinateurs est un très bon travail, mais le cadre administratif et financier n’a pas assez avancé», souligne Robert Garcia, qui plaide pour un recrutement rapide, idéalement à la rentrée de septembre, de deux nouveaux directeurs «pour dégager Andreas et Janina de responsabilités qui ne doivent pas être les leurs».

Il devra être capable de présenter et défendre Esch 2022 vers l’extérieur et assurer l’homogénéité de l’équipe.

Robert Garcia, ancien coordinateur de l’année culturelle 2007 et membre du groupe de travail ad hoc

Quel profil pour le futur directeur?

Si le profil du directeur administratif est assez évident, connaissance des finances, de l’organisation et des ressources humaines, celui du directeur général – terme préféré à celui de coordinateur – est plus subtil à décrire. «Il lui faut bien sûr une sensibilité artistique et culturelle, mais pas pour s’ingérer dans la programmation», commence l’ancien patron de 2007. «Il devra être capable de présenter et défendre Esch 2022 vers l’extérieur et assurer l’homogénéité de l’équipe qui comprend, certainement, pas mal de novices. Il ou elle devra donc être une figure d’intégration.» Plus que des expériences et des diplômes, c’est aussi une affaire de caractère et de sensibilité qui est mise en avant par Robert Garcia: «Le directeur doit être compréhensif, calme et patient, pour faire en sorte que tous les acteurs du projet (artistes, public, institutions, associations, sponsors…) aient leur part.»

Quant à savoir si cette personne doit être luxembourgeoise ou issue du Luxembourg, Garcia est nuancé: «Évidemment, la connaissance du Luxembourg et même de la Minett serait souhaitable. Mais il me semble essentiel de connaître les rouages et le mode de fonctionnement d’une région, savoir négocier avec les différents niveaux de pouvoir et comprendre les différentes populations, surtout que 11 communes au moins sont concernées, avec des bourgmestres de tendances différentes qui ont chacun leurs agendas respectifs.»

Le prochain conseil d’administration de l’asbl Esch 2022 aura lieu le 30 mai. C’est à ce moment-là que les offres d’emploi seront officialisées et que Andreas Wagner et Janina Strötgen seront fixés sur leur sort.