À la Chambre

Des piliers renforcés pour l’Uni

29 Mai 2018 Par Jonas Mercier
Campus de Belval
Dans le projet de loi validé par la commission de l’Enseignement supérieur, le recteur ne présidera plus le conseil de gouvernance. Il y siègera toujours, mais n’y aura qu’une voix consultative. (Photo: Nader Ghavami / archives)

Le projet de loi définissant un nouveau cadre pour l’Uni a été adopté lundi à l’unanimité par la commission de l’Enseignement supérieur de la Chambre. Il sera voté le mois prochain.

C’est un nouveau départ pour l’Université du Luxembourg. 15 ans après sa création, elle est sur le point de se doter d’un nouveau cadre organisationnel qui offre une séparation des pouvoirs bien plus nette.

«En 2011, le gouvernement avait d’abord pensé à une adaptation du texte de loi de 2003, mais suite aux nouveaux objectifs formulés en 2014 dans la stratégie Éducation et formation 2020 de l’Union européenne et à une évaluation de l’Uni par l’OCDE en 2016, nous avons décidé de repartir sur des bases entièrement nouvelles», explique le rapporteur du texte, André Bauler (DP).

Déposé au début du mois, le projet de loi se différencie de l’actuel par une séparation claire des trois organes décisionnels que comptent l’Uni, à savoir le conseil de gouvernance – qui a la responsabilité de la politique générale de l’établissement –, le conseil universitaire – qui représente les professeurs et qui fixera désormais les orientations des programmes d’études – et le recteur.

Moins de pouvoir pour le recteur

Actuellement, le conseil de gouvernance est composé de sept membres. Ce nombre a été augmenté à neuf dans le texte de loi initial, puis, à 13 sur proposition du ministre délégué à l’Enseignement supérieur, Marc Hansen, dans le but de renforcer son autonomie décisionnelle et organisationnelle.

«Cela permet d’avoir deux membres supplémentaires du conseil universitaire au sein du conseil de gouvernance, ainsi que le président de la délégation des étudiants et celui de la délégation du personnel, tous avec un droit de vote», détaille André Bauler.

En revanche, le projet de loi prévoit que le recteur ne présidera plus le conseil de gouvernance. Il y siégera, mais n’y aura qu’une voix consultative. «Nous avons cherché une approche plus participative que l’approche actuelle, tout en veillant à avoir une répartition égale des pouvoirs», ajoute le rapporteur de la loi.

Une page se tourne

Une autre modification d’importance est le recrutement du recteur, qui se fera désormais par voie d’annonce publique par un comité de recrutement spécialement créé pour l’occasion. Enfin, la gestion des finances de l’Université sera soumise au contrôle de la Cour des comptes comme n’importe quel organisme public.

«Les discussions ont été ouvertes et les différents avis émis ont été pris en compte. La Chambre a bien fait son travail et le texte devrait être voté sans problème au mois de juin», conclut André Bauler.

Ce nouveau cadre devrait permettre à l’Uni de tourner une page difficile de son histoire, marquée en début d’année dernière par un conflit ouvert entre le recteur et le conseil universitaire sur la question du budget 2017.

Les tensions avaient fini par faire démissionner Rainer Klump, qui avait pris la tête du rectorat seulement deux ans auparavant. Il avait été remplacé six mois plus tard par Stéphane Pallage, l’actuel recteur.