Marc Hansen (ministre du Logement)

«Des milliers de logements bon marché font défaut»

12 Octobre 2017 Interview par Frédéric Antzorn
Marc Hansen
Marc Hansen: «Nous avons un retard historique à rattraper, mais il y a quand même aujourd’hui des offres concrètes qui existent». (Photo: Paperjam.lu / archives)

À l’occasion de la Semaine nationale du logement qui débutera ce samedi, le ministre Marc Hansen évoque l’envergure du travail à mener pour proposer aux revenus les plus modestes des logements à des prix abordables.

Monsieur Hansen, vous avez présenté ce jeudi le programme de l’édition 2017 de la Semaine nationale du logement, au lendemain de données publiées par Eurostat indiquant que les prix des logements avaient augmenté l’an dernier de 6,2% au Luxembourg. Que vous inspire ce chiffre?

«Lors de cette présentation de la Semaine, j’ai parlé d’autres chiffres qui sont ceux des promoteurs publics. Lors de cette semaine, nous aurons des maisons et des appartements qui seront proposés à la vente et dont les prix varient, pour les appartements, entre 200.000 et 300.000 euros. Je pense que si on parle de prix, il faut aussi inclure ces prix-là dans la discussion et ne pas uniquement évoquer ceux du marché privé.

Une autre remarque qu’il convient de faire est que dans les années 2000 ou du moins 1990, il y avait des évolutions de prix au Luxembourg, qui étaient encore plus substantielles, à 7% voire plus. Et il faut donc tout faire pour que sur le marché des unités d’habitations abordables puissent être proposées à des montants comme ceux que je viens de citer.

N’est-il tout de même pas décevant pour quelquun qui, comme vous, s’engage à proposer autre chose, que malgré tous les efforts menés, on a toujours des hausses substantielles et l’impression que rien ne peut faire baisser ces chiffres?

«Je me répète: il faut aussi parler des prix que proposent les promoteurs publics ou encore les communes qui sont d’un niveau bien inférieur à ceux du marché privé.

Si les prix de ce dernier augmentent, il y a quand même des solutions sur le marché des prix bon marché sur lesquelles nous devons travailler — et nous le faisons chaque jour — pour développer des projets abordables. Nous avons un retard historique à rattraper, mais il y a quand même des offres concrètes qui existent, comme celles qui seront proposées durant la Semaine nationale du logement.

Comment travaillez-vous à combler ce retard?

«Ce retard est énorme car aucune décision en faveur de logements abordables n’a été prise durant ces périodes. Si on prend par exemple les années 2000-2010, on aurait dû construire quelque 6.000 ou 6.500 logements par année, quand seulement 2.000 ou 2.500 ont été construits. Faites donc le calcul de ce qu’il peut manquer aujourd’hui.

Et en plus de rattraper ce retard historique, il faut aussi anticiper pour les futurs résidents du pays, ce qui peut donner une idée de l’envergure de ce qu’il doit être réalisé. Et ce retard, je le dis une nouvelle fois, on ne peut pas le combler d’une année à l’autre puisque ce sont des milliers d’habitations bon marché qui font aujourd’hui toujours défaut.»