Fonds d’impact

Des capitaux pour les forêts tropicales

26 Octobre 2017 Par Jean-Michel Lalieu
La surexploitation des forêts par l’Homme a contribué au réchauffement climatique. Il faut désormais réparer. (Photo: Licence C. C.)

Nouvelle initiative climatique pour le Luxembourg. Un partenariat public-privé a permis le lancement d’un fonds destiné à soutenir la bonne gestion des forêts secondaires en Amérique centrale.

Dans la foulée des efforts mis en œuvre après la conférence de Paris de décembre 2015 pour lutter contre le changement climatique, un partenariat public-privé est à la base d’un nouveau fonds d’impact au Luxembourg. Le Forestry and Climate Change Fund (FCCF), lancé le 20 octobre dernier, vise à soutenir les forêts secondaires d’Amérique centrale dans leur rôle de poumon de la planète.

À la base de l’initiative, on trouve le gouvernement luxembourgeois — via le ministère des Finances et le ministère du Développement durable et des Infrastructures — et des investisseurs institutionnels du pays: la BCEE, Foyer et la Bil. Ensemble, ils ont déjà injecté 15 millions de dollars.

«Ce nouveau fonds est en quelque sorte un petit frère du Luxembourg Microfinance and Development Fund, créé en 2009 pour soutenir les pays en développement», explique Kaspar Wansleben, directeur exécutif du FCCF. Comme dans ce premier projet, le gouvernement prend les risques majeurs afin d’attirer les investisseurs privés.

Le gouvernement prend les risques majeurs afin d’attirer les investisseurs privés.

Kaspar Wansleben, directeur exécutif du FCCF

L’objectif du FCCF est en effet d’atteindre 25 à 30 millions de dollars en attirant de nouveaux investisseurs institutionnels et de grandes fortunes privées — il est réservé aux investisseurs bien avertis des risques. «D’un côté, ce fonds doit aider à la bonne gestion des forêts, mais aussi entraîner un retour sur investissement», confirme Kaspar Wansleben. Il estime le retour possible supérieur à 5%.

Le projet du FCCF est de soutenir des gestionnaires de forêts secondaires — des forêts abîmées par l’Homme et en voie de reconstitution — en Amérique centrale ou des sociétés qui les aident à assurer cette gestion. Des activités d’exploitation raisonnée y seront assurées pour permettre les revenus.

Avec les montants dont il dispose déjà, le fonds espère pouvoir investir dans deux à trois projets en Amérique centrale d’ici le mois de mars. «Nous visons à investir dans des entreprises au sens large», poursuit le responsable. «Il peut s’agir de PME propriétaires de forêts moyennes, de coopératives agricoles, voire d’ONG.»