Libéralisation du contrôle technique

Dekra se prépare à concurrencer la SNCT

07 Septembre 2016 Par Jean-Michel Hennebert
Engagée, l'implantation de Dekra au Luxembourg ne devrait pas se concrétiser avant 2017 au plus tôt. (Photo: Dekra)

Sept mois après l’entrée en vigueur de la fin du monopole de la Société nationale de contrôle technique, seul un acteur international a d’ores et déjà déposé un dossier de candidature. Il s’agit du géant allemand, leader européen du secteur.

Malgré sa taille modeste, le marché luxembourgeois attire les appétits. Au même titre que le commerce, le secteur du contrôle technique devrait voir dans les prochains mois l’arrivée de nouveaux acteurs venus d’au-delà des frontières. Mais alors que les géants allemands TÜV et Dekra avaient, au début de l’année, laissé transparaître leur intérêt, seul le second a à ce jour entrepris les démarches nécessaires.

Le 28 avril dernier, le leader européen du contrôle technique a officiellement introduit une demande officielle auprès du ministère du Développement durable et des Infrastructures (MDDI), selon les informations du service des Transports. Objectif: bénéficier de l’agrément officiel de prestataire de contrôle technique, indispensable à l’ouverture de centres au Grand-Duché.

Dossier encore incomplet

Car même si la société - qui affichait un chiffre d’affaires de 2,7 milliards d’euros en 2015 - possède d’ores et déjà une présence sur le sol luxembourgeois depuis 1989 via Dekra Claims Services Luxembourg, spécialisée dans l’activité d’assurance, elle n’est pas encore autorisée à réaliser des opérations de contrôle. Selon toute vraisemblance, l’arrivée des premiers véhicules dans un centre estampillé du logo Dekra ne devrait pas se faire avant plusieurs mois, sans doute pas avant 2017, dans le meilleur des cas.

Un élément d’explication de ce délai provient notamment du choix de la société d’introduire les documents nécessaires à l’établissement de son dossier de manière étalée. À ce jour, toutes les pièces nécessaires à l’étude de l’agrément par le MDDI ne sont pas encore réunies. Ce à quoi s’ajoute la nécessité de trouver des terrains et/ou des locaux suffisamment vastes pour permettre la mise en place de centres de contrôle aux normes.

Dekra communiquera sur ce sujet au moment opportun.

Un porte-parole au sujet d'une implantation au Luxembourg

Pour rappel, la libéralisation du secteur du contrôle technique prévoit que l’ensemble des opérateurs homologués aient au moins trois centres, qui doivent couvrir au moins 90% du territoire. Chacun d’entre eux devra disposer d’au moins deux pistes, dont l’une réservée aux poids lourds. Les concurrents de la SNCT doivent également disposer d’une personnalité juridique propre.

Ce qui est le cas pour Dekra depuis le 3 mai 2016, date d’enregistrement auprès du Registre du commerce de Dekra Automotive sàrl, déclinaison luxembourgeoise de sa filiale dédiée au contrôle technique. Sollicité par Paperjam.lu, le géant allemand n’a pas souhaité commenter sa stratégie d’implantation au Grand-Duché, aussi bien en ce qui concerne le nombre de sites, le montant des investissements qu'au sujet du nombre d’emplois créés. Dans une brève réponse, un porte-parole du siège à Stuttgart indique que «Dekra communiquera sur ce sujet au moment opportun».