Mobilité

Déi Gréng tirent les leçons du dieselgate

11 Septembre 2017 Par Frédéric Antzorn
Parmi les mesures proposées, Déi Gréng suggèrent de pousser plus loin la réforme de la fiscalité sur les véhicules de société. (Photo: Paperjam.lu / archives)

Déi Gréng ont présenté ce vendredi une série de mesures qu’ils réclament ou se proposent de mettre en place dans le cadre d’une meilleure qualité de l’air, et de vie, pour les citoyens.

Deux ans après les premières révélations sur le dieselgate, Déi Gréng – dont les ministres François Bausch et Carole Dieschbourg, l’eurodéputé Claude Turmes, le député Henri Kox ou encore l’échevine de la capitale Sam Tanson – disent constater que les automobiles, et surtout celles circulant au diesel, sont toujours responsables d’une mauvaise qualité de l’air partout en Europe.

Avec pour terrible conséquence – selon l’Agence européenne de l’environnement – le décès de 400.000 personnes chaque année sur le continent consécutif à cette mauvaise qualité de l’air, dont 70.000 par les seules émissions de CO2, liées au trafic automobile.

Pour autant, il n’est pas question d’interdire le diesel et encore moins l’automobile selon eux, comme cela se pratique dans certains centres-villes en Allemagne, Déi Gréng estimant que culpabiliser les automobilistes n’est pas une solution.

Pour parvenir à une meilleure qualité de l’air, ils considèrent que mieux vaut passer par des alternatives.

Vélo, tram, train et bus

À un niveau local et national, ils prônent ainsi le remplacement progressif de la flotte des véhicules des communes et de l’État par des véhicules plug-in hybrides ou électriques, la prolongation des travaux du tram – qui à terme devrait permettre de remplacer l’équivalent de 1.875 trajets quotidiens de bus de ligne – et la poursuite du développement du réseau national de pistes cyclables, avec la mise en place d’un système de bikesharing équipé de vélos électriques.

Des actions concrètes en faveur du plan national pour une meilleure qualité de l’air, la poursuite de la promotion de l’électromobilité et de la mobilité douce font également partie des alternatives proposées, tout comme l’électrification de la flotte des bus du RGTR et des investissements dans les chemins de fer qui devraient atteindre 3,7 milliards d’euros pour la période 2013-2023.

Des mesures contraignantes pour les constructeurs

En matière de fiscalité sur le leasing, Déi Gréng souhaitent qu’elle soit poussée plus loin, celle mise en place ayant déjà permis, au cours des sept premiers mois de cette année, de faire reculer le nombre d’immatriculations de véhicules circulant au diesel de quelque 10%.

À un niveau supérieur, ils plaident pour des mesures contraignantes de la part de la Commission européenne envers les constructeurs, avec d’éventuelles sanctions à la clé. Parmi celles-ci figure l’obligation pour ces mêmes constructeurs de proposer 25% de véhicules à zéro émission d’ici 2025 dans le cadre de la réforme sur les autorisations de rejet de CO2 pour les voitures.

Enfin, toujours selon Déi Gréng, il s’agirait également de lier le développement de l’électromobilité à celui des modes de production des énergies renouvelables, pour que le «carburant» des voitures de demain ne provienne plus essentiellement des centrales nucléaires, comme c’est encore le cas aujourd’hui.