Bourse CNA 2017

De nouveaux projets photo soutenus

11 Novembre 2017 Par Céline Coubray
Le projet de Sébastien Cuvelier fait parti des cinq projets sélectionnés.
Le projet de Sébastien Cuvelier fait partie des cinq projets sélectionnés. Photo : Sébastien Cuvelier

La Bourse CNA 2017 a été attribuée, permettant à cinq artistes-photographes de financer une partie de leur nouveau projet.

Depuis 2009, le Centre national de l’audiovisuel (CNA) distribue des aides à la création et à la diffusion en photographie à travers la Bourse CNA. Cette démarche entre pleinement dans sa mission d’encouragement et de soutien à la création et à la diffusion de travaux relevant du champ de l’image. L’argent distribué à cette occasion permet soit de soutenir un nouveau projet de création ou entre dans le plan de financement d’une nouvelle publication.

Pour cette édition 2017, 29 dossiers de candidature ont été déposés pour être appréciés par le jury composé de Marianne Brausch (journaliste, relations publiques, Fonds Kirchberg), Sabine Dorscheid (directrice artistique de l’International Kunstverein Luxembourg), Danielle Igniti (directrice du CCRD et des Centres d’art Dudelange), Alain Jottard (directeur de Contretype, Centre pour la photographie contemporaine à Bruxelles) et Émilie Vialet (photographe).

Il en est ressorti un choix de cinq artistes qui vont pouvoir recevoir une aide financière pour réaliser leur projet au cours de l’année 2018. Il s’agit de Justine Blau, Sébastien Cuvelier, Julie-Marie Duro, Ann Sophie Lindström et Daniel Reuter.

Cinq projets très variés

C’est la question de l’extinction qui est au cœur du nouveau projet de Justine Blau, intitulé «De/Extinct». L’artiste souhaite interroger le principe de «dé-extinction» et partira pour cela à la rencontre de spécialistes et institutions agissant dans ce domaine et qui ont pour objectif de préserver: conservateurs, herbariums, spécialistes de l’anthropocène, banques de semences et de données ADN, spécialistes de la dé-extinction, etc. Après un travail de recherche et de documentation, elle mènera un travail plastique et des interventions sur les lieux visités. Elle prévoit entre autres pour cela de se rendre dans les îles Galápagos.

De/Extinct 2017 © Justine Blau

Sébastien Cuvelier, lui, veut emmener le spectateur dans une vision personnelle et subjective de l’Iran. En naviguant entre plusieurs couches, plusieurs époques, plusieurs points de vue, plusieurs sujets, il portera en parallèle une emphase sur la jeunesse, les femmes, et soulignera cette dissonance captivante entre peuple et pouvoir. Le titre de son projet, «Paradise City», est un clin d’œil à la chanson des Guns N’Roses et tire ainsi le propos vers un ton pop et léger, contournant ainsi la complexification constante d’un pays qui en son âme profonde adore la poésie et les fleurs. L’aide reçue permettra également la réalisation d’une publication.

Paradise City, 2017 © Sébastien Cuvelier

C’est aussi une publication que réalisera Julie-Marie Duro avec sa bourse. Son projet «Looking for my Japanese family» se poursuit depuis trois ans, depuis que la photographe est partie à la recherche d’un garçon que son grand-père a eu avec une Japonaise dans les années 1970 et dont elle ignore tout. Sa publication sera le récit de cette enquête au pays du Soleil levant.

Looking for my Japanese Family, 2017 © Julie-Marie Duro

Après le Japon, direction New York avec le projet multimédia d’Ann Sophie Lindström qui s’intéresse aux éleveurs de pigeons voyageurs à Brooklyn. Invisibles depuis la rue, il faut se rendre sur les toits du quartier pour découvrir ce monde à part, entre la rue et le ciel, où les «pigeon flyers» se retrouvent pour faire voler en formation parfois jusqu’à des centaines d’oiseaux, au-dessus des rues new-yorkaises. Là, les éleveurs semblent s’envoler avec leurs pigeons, comme une façon de résister au quotidien stressant de la métropole.

Don’t fence me in © Ann Sophie Lindström

Enfin, le photographe Daniel Reuter partira à la recherche de l’authenticité, de l’identité culturelle dans de petites agglomérations, tout en questionnant ce qui définit ces concepts. Son projet «The Village» tente de recréer une approche qui joue l’abstraction, une ville artificielle, comme un archétype constitué d’images en noir et blanc prises dans de petites agglomérations à travers le monde, mais avec un accent sur le Luxembourg et les pays limitrophes. L’aide reçue sera utilisée à la fois pour la création et pour une publication.

The village, 2017  © Daniel Reuter