Prévisions de la Commission

Croissance «moins dynamique» jusqu’en 2020

08 Novembre 2018 Par Jean-Michel Hennebert
«Les responsables politiques, tant à Bruxelles que dans les capitales nationales, doivent veiller à ce que la zone euro soit assez forte pour affronter l’avenir», estime Pierre Moscovici. (Photo: Commission Européenne)

Dans ses prévisions d’automne, publiées jeudi, la Commission européenne revoit une nouvelle fois à la baisse ses estimations de dynamique économique au sein de la zone euro. Pour le Luxembourg, la hausse du PIB devrait atteindre 3,1% en 2018, contre 2,7% en 2020.

Retour de balancier dans la zone euro. Après une année 2017 marquée par une croissance «à son plus haut niveau depuis 10 ans», les prévisions de la Commission européenne tablent sur un «fléchissement» un peu plus prononcé que lors de ses dernières prévisions. De 2,4% l’an passé, la croissance ne devrait pas dépasser les 2,1% en 2018, contre 1,9% en 2019, et 1,7% en 2020 pour l’ensemble des économies des 19 pays membres de la zone euro. 

Sans surprise, les estimations pour le Luxembourg restent supérieures à la moyenne européenne, avec une croissance du PIB attendue de 3,1% cette année, 3% en 2019 et 2,7% en 2020. Des chiffres toutefois nettement inférieurs à ceux défendus par le Statec, qui table, pour sa part, sur un taux de 3,9% en 2018 et 4% en 2019.

Pour l’exécutif européen, «malgré un environnement plus incertain», la poursuite de la croissance dans tous les États membres «à un rythme moins dynamique» repose principalement sur «le dynamisme de la consommation et de l’investissement intérieurs». Ce qui devrait se traduire par «une création d’emplois solide et un chômage en baisse», bien qu’«un nombre croissant de risques interconnectés pèse toutefois sur ce scénario». Comprenez les effets de la politique de l’administration Trump sur le commerce mondial, les conséquences du Brexit ou la hausse du prix du pétrole.

«Dans un environnement international de plus en plus incertain, les responsables politiques, tant à Bruxelles que dans les capitales nationales, doivent veiller à ce que la zone euro soit assez forte pour affronter l’avenir, quoi qu’il se passe», juge Pierre Moscovici, commissaire pour les affaires économiques et financières. Un appel général qui prend un tour particulier pour les États lourdement endettés, comme l’Italie dont le projet de budget 2019 a été officiellement retoqué. Une situation à risque «qui pourrait avoir des retombées sur les secteurs bancaires nationaux», selon la Commission.