Philanthropie

Connexions caritatives régionales

19 Décembre 2016 Par Florence Thibaut
Tonika Hirdman
Comme le souligne Tonika Hirdman, la dimension transfrontalière joue un rôle de plus en plus important au sein du tissu associatif, notamment dans la provenance des dons versés aux asbl ou fondations de la région.  (Photo: Jessica Theis)

Dynamiser le monde associatif et faciliter la recherche de fonds transfrontalière grâce à un échange d’expertises à l’échelle de la Grande Région, telle est l’ambition affichée de la Fondation de Luxembourg. Stratégiquement positionnée, elle se place en fédérateur.

Lancée tout début 2009, la Fondation de Luxembourg abrite aujourd’hui près d’une soixantaine de fondations, dont la grande majorité est portée par des familles et des particuliers. Tirant parti de sa situation centrale et de son carnet d’adresses devenu étoffé et international, l’ombrelle souhaite jouer plus que jamais un rôle de connecteur pour les associations de la Grande Région.

«Le partage d’expertises est dans notre ADN. En tant que structure abritante, nous occupons un rôle-clé tant auprès des bailleurs de fonds que de la société civile. Nous parlons la langue des banquiers privés et nous comprenons les attentes des associations», explique Tonika Hirdman, directrice générale de la jeune fondation. «Ce double regard peut servir à d’autres et nous permet d’initier une réflexion sur le quotidien et les contraintes des associations. Depuis le départ, notre mission est aussi de renforcer la visibilité du secteur dans son ensemble.» 

Construire des ponts

C’est tout le propos de la conférence «Renforcement du secteur caritatif de la Grande Région, quelles perspectives?»,  organisée par la fondation abritante et qui se déroulera à l’Abbaye de Neumünster le 11 janvier dès 18h. «Notre volonté est de refléter toute la densité du secteur associatif des ONG aux asbl en passant par les fondations. Nous voulons faciliter croisements et rencontres pour que les gens travaillent ensemble», partage Tonika Hirdman.

Les donateurs ont changé. Ils ont besoin de reporting pointu et d’indicateurs.

Tonika Hirdman, directrice générale de la Fondation de Luxembourg

Ouverte à tous les acteurs du secteur, elle accueillera deux orateurs de choix. La première, Anne Kazimirski, est deputy head of measurement and evaluation pour le think tank New Philanthropy Capital. Elle viendra y expliquer son approche de l’analyse d’impact. «C’est un domaine qui prend de l’ampleur. Les donateurs ont changé. Ce sont souvent des entrepreneurs qui souhaitent diffuser leur savoir-faire et posent un regard exigeant sur les projets. Ils ont besoin de reporting pointu et d’indicateurs qualitatifs et quantitatifs. Cela sous-tend de nouveaux outils et approches à mettre en place.»

Le deuxième intervenant de la conférence sera Ludwig Forrest, conseiller en philanthropie et coordinateur du réseau transnational Giving in Europe (TGE), co-organisateur de la rencontre. Il expliquera, quant à lui, le panel de solutions offertes aux institutions dans la recherche de fonds au niveau européen. «Les systèmes de déductions fiscales varient selon les régions. Les cadres peuvent être très différents. Bien comprendre les mécanismes à l’œuvre est essentiel pour les associations.» D’autant plus que dans la Grande Région, la dimension transfrontalière devient bien présente, de nombreuses structures recevant des dons en provenance de plusieurs pays.

Et Tonika Hirdman de conclure: «Au Luxembourg, une trentaine d’ONG sont agréées par le ministère de la Coopération. C’est un cercle où on se connaît généralement bien. Au-delà, c’est moins le cas. Il y en a au moins une centaine en dehors qui se fréquentent très peu et gagneraient à se rencontrer. C’est cela qu’il faut stimuler. La Fondation de Luxembourg et sa centaine de partenaires veulent jouer un rôle dans ce regroupement.»