Technologie

Comment surveiller les infrastructures sensibles?

21 Septembre 2018 Par Paperjam.lu
L’autre avancée en matière de contrôle des superstructures consiste à employer des drones spécialisés, à l’image des modèles déployés par Novadem ou Geokali. (Photo: Fotolia / ZoomTeam)

Il existe des centaines de ponts et de viaducs rien qu’au Luxembourg. Des ouvrages d’art, âgés pour certains de centaines d’années, empruntés par le public et qu’il faut surveiller et entretenir. Les professionnels peuvent s’appuyer pour cela sur les nouvelles technologies, capteurs, caméras et drones détectant les failles et donnant l’alerte en cas de problème.

L’état de ces infrastructures et les conditions de leur surveillance a fait irruption au cœur du débat public après l’effondrement du viaduc de Gênes le 14 août dernier, un drame qui a fait 43 morts. Icônes incontournables de nos paysages, ponts, viaducs, tunnels et autres barrages sont a priori conçus et bâtis pour durer des décennies. À condition de les entretenir, bien sûr! Ces ouvrages souvent imposants semblent indestructibles, mais ils n’en nécessitent pas moins des inspections périodiques.

Ces vérifications ont pour but de déceler d’éventuelles faiblesses structurelles, fissures, effritement du béton, corrosion des éléments métalliques ou des câbles. Cette approche superficielle ne permet pas forcément d’évaluer l’état global d’un édifice. Dans le cas des barrages, par exemple, une grande partie de la structure est inaccessible. Il en est de même des barres en acier des piliers de ponts en béton armé. Les ingénieurs ont aussi besoin de mesurer les contraintes supportées par ces superstructures: tassement des sols, pression de l’eau, trafic routier, etc. Cette tâche incombe à de multiples capteurs. Les données collectées sont transmises à un terminal de sécurité qui peut donner l’alerte en cas d’anomalie.

Ces capteurs sont dorénavant directement intégrés aux ouvrages dès leur conception. C’est le cas du viaduc de Millau, en France, où les équipes de maintenance installées à la gare de péage sont informées en temps réel de la température du tablier, de l’impact du vent sur les haubans, du fluage du béton, etc. En cas de souci avéré, la circulation peut être immédiatement suspendue.

Drones et robots fouineurs

L’autre avancée en matière de contrôle des superstructures consiste à employer des drones spécialisés, à l’image des modèles déployés par Novadem ou Geokali. Comme l’explique Valentin Valognes, chef de projet au bureau d’études Arcora, «le drone survole les façades en captant des images en haute définition qui nous permettent d’opérer un diagnostic bien plus précis qu’une inspection à l’œil nu».

Munis de caméras HD ou thermiques, ces drôles d’oiseaux voient en effet avec plus d’acuité qu’un inspecteur encordé à une paroi! Les outils de modélisation couplés aux images HD autorisent une reconstitution logicielle 3D où les anomalies sautent aux yeux. Pour les sites inaccessibles aux drones, des robots inspecteurs comme le modèle «Croc» mis au point par des chercheurs de l’Université technologique de Sydney prennent le relais, se faufilant dans les tunnels et les cheminées.

La technologie s’avère d’une aide précieuse pour la surveillance des structures sensibles. Si de tels équipements ont un coût, ils génèrent sur le long terme des économies pour les opérateurs en charge de la gestion et de l’entretien des ponts et des tunnels. Intervenir pour de lourdes réparations sur un ouvrage ne bénéficiant pas d’un suivi périodique coûte en effet bien plus cher que d’entretenir régulièrement une superstructure.