Alfi Global Distribution Conference

Comment poursuivre le succès des Ucits

25 Septembre 2018 Par Jean-Michel Lalieu
Jacques Santer et Nathalie Reuter, RTL à la conférence Alfi
Jacques Santer a rappelé la mobilisation unanime du Parlement, en 1988, pour la création des Ucits. (Photo: Marion Dessard)

Au cours de la séance inaugurale de l’Alfi Global Distribution Conference, Jacques Santer, ancien Premier ministre et président de la Commission européenne, est revenu sur la course de vitesse pour établir les fonds Ucits avant la Place de Londres.

L’Alfi fête ses 30 années d’existence et, pour l’occasion, consacre l’Alfi Global Distribution Conference au succès des fonds Ucits qui ont consolidé sa réputation.

Pour ouvrir deux jours de débats, la présidente Denise Voss a rappelé brièvement un parcours de trois décennies de succès, marqué par un dernier record en juillet dernier pour le montant des actifs sous gestion au Luxembourg: 4.282,4 milliards d’euros.

Aujourd’hui, poursuit la présidente, les défis du moment concernent toujours le Brexit, mais aussi l’évolution technologique et la volonté de l’Esma, l’autorité européenne de contrôle, de s’arroger plus de pouvoir, notamment concernant la délégation.

«Notre évolution future au Luxembourg dépendra de notre capacité à nous adapter dans un environnement mouvant. Mais je reste résolument optimiste», convient Denise Voss.

Le transfrontalier, une nécessité

Invité d’honneur pour l’ouverture de la conférence, Jacques Santer, Premier ministre grand-ducal entre 1984 et 1995, a insisté sur l’importance pour un petit pays de se montrer toujours à la pointe au niveau de l’innovation.

«Au niveau des fonds Ucits, notre objectif était de prendre Londres de vitesse. Nous avons donc vraiment travaillé d’arrache-pied pour être prêts en mars 1988. À noter d’ailleurs», précise l’ancien responsable politique, «que la loi créant les Ucits a été votée à l’unanimité, donc même par les députés les plus à gauche.»

Quant à la spécialisation dans la distribution transfrontalière, elle va de soi, selon lui, pour un petit pays qui doit toujours se montrer ouvert au libre-échange. «C’est une nécessité. Pour un pays de la taille du Luxembourg, le protectionnisme n’est rien d’autre que l’arme pour se suicider.»

Une bonne définition... et une bonne acceptation

Autre invité pour lancer la première journée de débats, David Wright, le président d’Eurofi, une plate-forme d’échange entre l’industrie des services financiers et les autorités publiques au niveau de l’Union européenne.

Revenant sur le succès des fonds Ucits, cet ancien haut fonctionnaire européen estime que celui-ci n’est pas lié au facteur chance. «Les Ucits ont été très bien définis et ont d’emblée été bien acceptés par les investisseurs», observe-t-il. «Ce qui a donné l’occasion au Luxembourg de devenir un centre important pour l’administration de ces fonds.»

David Wright estime que l’Europe peut être fière d’avoir créé un produit leader mondial. Mais pour l’avenir, il pointe également le nouveau projet européen de créer des produits paneuropéens d’épargne-retraite individuelle. «Je pense que l’industrie des fonds luxembourgeoise doit vraiment s’intéresser à ce produit», insiste le responsable d’Eurofi.