Mobilité des salariés du Sud

Comme une envie de transports en commun

20 Septembre 2017 Par Camille Frati
Bus Luxembourg
88% des répondants prennent la voiture pour rejoindre leur lieu de travail, mais 45% seraient prêts à lâcher le volant s'ils y étaient incités par leur entreprise et par une amélioration de l'offre de transports en commun. (Photo: Maison Moderne /archives)

Le ministère du Développement durable et des Infrastructures a rendu publics les résultats de l’enquête sur la mobilité des entreprises du Sud menée depuis un an. Si la voiture reste dominante, les salariés sont ouverts à changer leurs habitudes à condition d’un coup de pouce en matière d’offre de transports en commun et d’une aide de leur entreprise.

Présentée comme «un facteur de la compétitivité» et consacrée enjeu électoral à l’approche des communales, la mobilité a fait l’objet d’une enquête d’envergure centrée sur le sud du pays et diligentée par le MMDI en collaboration avec le syndicat PRO-SUD, le Verkéiersverbond et le Liser.

Lancée en novembre 2016, l’enquête s’est attachée à recueillir un maximum d’informations sur les modes de déplacement des salariés des entreprises situées dans 25 zones d’activités du Sud, de Pétange à Dudelange, regroupant plus de 700 entreprises et plus de 200.000 salariés.

Un échantillon de 40.000 salariés a été sélectionné afin de répondre à un questionnaire renseignant leur profil, leur temps de travail, leurs déplacements domicile-travail, leur mobilité au travail et leur perception des conditions de transport.

La voiture reste dominante

28% des entreprises ont répondu à la première phase de l’enquête et 59% ont communiqué les codes postaux du domicile de leurs salariés (plus de 18.000) en conservant leur anonymat. 1.349 salariés, soit 16,4% de ceux sollicités, ont également participé à l’enquête.

Sans surprise, les entreprises du Sud comptent comparativement davantage de salariés frontaliers que l’ensemble du pays: 62% contre 45%. Et 48% de leurs salariés viennent de la France toute proche, contre 9% de Belgique et 5% d’Allemagne. Une différence liée à la géographie mais aussi aux secteurs d’activité représentés, en particulier l’industrie.

La voiture reste reine parmi les salariés. 98% en possèdent au moins une et 65% au moins deux. Les deux tiers disposent d’au moins un vélo, mais les deux-roues électriques demeurent rares.

Les transports en commun sont pourtant présents autour de leur domicile ou de leur entreprise: 85% des répondants disposent d’un arrêt de bus à 10 minutes de chez eux, 62% à proximité de leur lieu de travail. Une part qui descend à un quart concernant la présence d’une gare.

Les entreprises appelées à se mobiliser

Dans le Sud, la moitié des salariés met moins de 50 minutes pour rejoindre leur entreprise et la moitié aussi doit parcourir moins de 28km pour y accéder. Un tiers vit même à moins de 10km ou dans la région Sud.

La voiture demeure le moyen de locomotion le plus répandu pour les trajets domicile-travail: 88% des salariés utilisent leur véhicule – et encore 6% le covoiturage. Plusieurs raisons à cela: le confort (46%), le besoin d’utiliser la voiture avant ou après, notamment pour accompagner les enfants (56%), mais aussi l’absence d’offre en bus ou en train (43%) ou des trajets trop longs en transports en commun (35%).

L’enquête révèle en filigrane la contribution que pourraient apporter les entreprises dans une politique de mobilité davantage tournée vers les transports en commun ou la mobilité douce. 76% des répondants se voient imposer des horaires de travail fixes, ce qui peut motiver une concertation avec les entreprises dans la définition de l’offre de transports. Aussi, seules 4% des entreprises proposent le mPass – abonnement de transports publics cofinancé par l’employeur – à leurs salariés. Elles sont toutefois très nombreuses à organiser un stationnement gratuit.

45% des salariés sont prêts à lâcher le volant pour prendre le bus ou le train (70%), voire faire du covoiturage (43%), même si leurs attentes restent dominées par des mesures orientées vers les voitures (véhicule de fonction électrique ou non, véhicule de service, covoiturage). 47% seraient intéressés par une participation financière à leurs frais de transports en commun.

«Les résultats de cette enquête s’intégreront dans la planification et le développement territorial ainsi que l’offre de transport en commun», indique le ministère du Développement durable et des Infrastructures, qui appelle également les entreprises à «amorcer un plan de mobilité avec leurs employés».