Dans Funds Europe

Climat, une carte à jouer pour l’Alfi

05 Janvier 2017 Par Paperjam.lu
Anouk Agnès Alfi
L’Alfi encourage la contribution de l’industrie des fonds d’investissement aux efforts communs nécessaires pour le climat. (Photo: Maison moderne / archives)

Champion européen des fonds d’investissement responsables, le Luxembourg pourrait bien avoir une carte à jouer dans la lutte contre le changement climatique. Un rôle crucial pour les fonds d’investissement, que promeut notamment Anouk Agnes, directrice générale adjointe de l’Association luxembourgeoise des fonds d’investissement.

Les fonds d’investissement seraient-ils la clé de la lutte contre le changement climatique? Du moins, ils pourraient bien être une solution selon Anouk Agnes, directrice générale adjointe de l’Association luxembourgeoise des fonds d’investissement (Alfi), intervenant dans les colonnes de Funds Europe.

L’accord de Paris, signé il y a un an lors de la COP21, reconnaissait la nécessité de mobiliser 100 milliards de dollars – soit près de 94 millions d’euros – par an d’ici 2020 afin de financer les divers projets d’atténuation des changements de climat, mais également de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Un montant important, mais qui pourrait bien se révéler insuffisant, selon Anouk Agnes.

Un financement provenant de diverses sources pourrait donc se révéler essentiel pour lutter contre le réchauffement climatique. Dans le cadre de l’union des marchés financiers, la Commission européenne soulignait d’ailleurs la nécessité de réformer le financement durable afin de «soutenir les investissements dans les technologies propres et leur déploiement, veiller à ce que le système financier puisse financer durablement la croissance et contribuer à la création d’une économie à faible émission de carbone et résistante au climat».

Rôle-clé des fonds luxembourgeois

Leader européen des fonds d’investissement responsables, le Luxembourg a donc un rôle-clé à jouer sur la question. En effet, un grand nombre de fonds d’investissement dans le secteur de l’environnement a déjà été mis en place au Grand-Duché, avec des stratégies d’investissement allant de l’efficacité énergétique et des énergies renouvelables à la gestion forestière et à l’agriculture.

Une enquête européenne menée par l’Alfi sur l’investissement responsable a toutefois montré que le marché de l’investissement responsable est encore principalement alimenté par les investisseurs institutionnels. Un constat qui pourrait bien évoluer. À la suite de la COP21, un nombre croissant d’investisseurs – tant institutionnels que de détail – semble manifester de l’intérêt pour les fonds ayant un impact direct sur l’environnement. Une pression croissante sur la communauté des fonds d’investissement se fait également de plus en plus sentir afin que ceux-ci appliquent des critères environnementaux dans leurs autres stratégies globales.

Rassurer les investisseurs

Et pour développer le secteur de l’investissement responsable, souligne Anouk Agnes, il faut mettre l’accent sur la simplicité, la transparence et l’intégrité. Diverses initiatives d’étiquetage – telles que Luxflag – visent ainsi à rassurer les investisseurs sur les objectifs de leurs investissements. Parallèlement à cela, les fonds d’investissement n’hésitent pas à mettre eux aussi l’accent sur les rapports extra-financiers et communiquent aux investisseurs l’impact des projets sur leurs portefeuilles.

Les gouvernements ont également un rôle à jouer pour aider les gestionnaires de placements plus petits et innovateurs à faire des économies. Ils peuvent le faire – affirme Anouk Agnes – en encourageant la participation d’acteurs du secteur privé dans des projets innovants, par exemple en fournissant des garanties, en absorbant les premières pertes, en concevant des services d’incubation ou en accordant des avantages fiscaux spécifiques. Une contribution de l’industrie des fonds d’investissement aux efforts communs nécessaires est également encouragée par l’Alfi.