Plan de développement culturel

«C’est au prochain gouvernement d’agir»

28 Septembre 2018 Par France Clarinval
Jo Kox: «Il faut que tous les acteurs se concertent et travaillent ensemble.»
Jo Kox: «Il faut que tous les acteurs se concertent et travaillent ensemble.» (Photo: Nader Ghavami / archives)

La présentation de la version finale du plan de développement culturel s’est déroulée ce jeudi au Kinneksbond de Mamer. Son auteur, Jo Kox, nous en détaille le contenu et les enjeux.

Après une première version du plan de développement culturel présentée en juin, l’été a servi à récolter les commentaires et suggestions de la scène culturelle. Jo Kox et son équipe ont compilé toutes ces remarques pour finaliser le document. Il en ressort une somme de plus de 200 pages et un calendrier d’actions à mener.

On y retrouve les grands axes concernant la gouvernance, l’encadrement et l’aide à la création, la valorisation du travail culturel, du patrimoine, des centres culturels de région, l’accessibilité et l’export. À chaque thématique correspond un calendrier qui commence généralement par une analyse de l’existant, un inventaire des besoins et une étude de faisabilité, et qui s’étire jusqu’en 2028.

Jo Kox nous donne son point de vue et ses espoirs.

Monsieur Kox, comment les choses ont-elles évolué depuis la première version du plan?

«Tout le monde a évolué: l’auteur, le ministère de la Culture, les acteurs de terrain. On n’est plus dans la revendication, mais dans la construction. Tout le monde a eu le temps de prendre connaissance du document. Les différents commentaires et prises de position m’ont aidé à repenser la rédaction du plan pour lui donner plus de corps, plus d’âme, et restructurer certains chapitres.

Avez-vous eu des surprises à la lecture des commentaires? Des choses nouvelles que vous avez apprises?

«Mais la plus grosse surprise a été le ton agressif de certains commentaires. Quant à de nouvelles idées, il y en a toujours qui sont bonnes à prendre.

Quelles sont maintenant les prochaines étapes?

«C’est au prochain gouvernement de jouer. Il faudra qu’ils inscrivent une ligne dans le programme de coalition: ‘Mettre en œuvre le plan culturel’. Ensuite le nouveau ministre de la Culture, ou la nouvelle ministre, devra déterminer les priorités et se donner les moyens de les mettre en œuvre.

Vous avez parlé de lobby. Comment les acteurs culturels pourront-ils faire pression?

«Il faut que tous les acteurs se concertent et travaillent ensemble. Il y a trop de déclarations, de paroles, mais pas assez de documentation, d’écrits, de partage de ressources. Il faut diffuser les bonnes pratiques, se servir des plates-formes existantes.

1%, oui, c’est une évidence. Pourquoi ne pas aller plus loin? Personne ne s’offusque que Trump demande 4% pour les efforts de défense.

Jo Kox, auteur du plan de développement culturel

Tous les partis semblent être d’accord pour augmenter le budget de la culture au fameux 1%. Les choses sont-elles gagnées?

«1%, oui, c’est une évidence. Pourquoi ne pas aller plus loin? Personne ne s’offusque que Trump demande 4% pour les efforts de défense. Il y a des secteurs qui ont dramatiquement besoin de plus de moyens, comme la danse, le théâtre ou la littérature. Il faudra voir si on augmente l’ensemble ou si on alloue moins de moyens à certains secteurs.

Parmi tous les axes, quelle est la priorité des priorités?

(Longue réflexion) «Il faut que le ministère de la Culture se réorganise, se restructure, pour que chacun puisse développer ses talents et ses compétences, et surtout avoir un vrai lien avec le terrain. Il faut arrêter de considérer que donner une aide est un problème, c’est leur mission que de soutenir le secteur, il y a moyen de le faire dans la joie.»