Résultats

Cargolux a fait bondir ses profits en 2017

25 Avril 2018 Par Jonas Mercier
Cargolux
Les 27 avions de la flotte de Cargolux ont volé plus de 130.000 heures l’année dernière – une augmentation de 7% par rapport à 2016. (Photo: Cargolux)

Le groupe de fret a annoncé une année record en enregistrant le plus haut profit de son histoire, avec 122,3 millions de dollars (environ 100 millions d’euros), lors de la présentation de ses résultats annuels, mercredi. 2018 s’annonce par ailleurs sous les meilleurs auspices.

Tous les indicateurs sont au vert pour la compagnie de fret luxembourgeoise, qui a profité d’un marché en pleine expansion pour enregistrer en 2017 sa meilleure année depuis sa création, en 1970. Son profit net a bondi par rapport à 2016, passant de 5,5 millions de dollars (environ 4,5 millions d’euros) à 122,3 millions de dollars (environ 100 millions d’euros).

16% de ce bénéfice seront reversés aux actionnaires sous forme de dividende, et 16 autres pourcents iront aux employés, selon les accords signés avec les partenaires sociaux.

Pour la première fois, le groupe Cargolux a dépassé le million de tonnes transportées (+10,7%), alors qu’il possède une part de marché global de 4% et est devenu le sixième acteur mondial du secteur du fret aérien. Ses 27 avions ont volé plus de 130.000 heures l’année dernière – une augmentation de 7%.

Une demande plus forte que l’offre

Une situation rendue possible du fait de la reprise mondiale de la croissance, «plus soutenue que prévu», notamment aux États-Unis et en Europe, a expliqué Richard Forson, le CEO de Cargolux, lors d’une conférence de presse au siège du groupe.

Un autre levier de cette croissance pour Cargolux a été l’augmentation des demandes de vols affrétés. «Il faut également mentionner le développement du e-commerce, qui impacte positivement le marché du fret, car il nécessite de transporter des biens depuis l’Asie vers les hubs européens ou américains», a-t-il détaillé. «Pour la première fois, la demande au niveau mondial a dépassé la capacité de transport.»

Des partenariats qui paient

Si Cargolux a pu bénéficier pleinement de cette croissance du marché, c’est également parce qu’il a pu profiter de son hub de Zhengzhou, qui est devenu le plus important de Chine continentale - 147.000 tonnes sur les 251.000 transportées depuis et vers la Chine. Ce point de chute avait été rendu possible grâce à un accord signé lors d’une visite d’État du Premier ministre Xavier Bettel en Chine au mois de juin. Aujourd’hui, la compagnie de fret aérien luxembourgeoise est la plus importante de cet aéroport.

L’accord passé avec Emirates SkyCargo un mois plus tôt a également pesé dans ces bons résultats, affirme Richard Forson. Celui-ci implique depuis le mois de juin l’utilisation, par Emirates SkyCargo, de la flotte de Cargolux, l’utilisation partagée des réseaux des deux compagnies, et enfin l’implantation de la compagnie émiratie au Findel.

Stratégie 2025

Cargolux entend maintenant confirmer cette belle année en renforçant ses capacités de transport. L’achat de trois nouveaux appareils est prévu en 2018 pour anticiper la fin de vie en 2019, 2020 et 2021 de trois avions de sa flotte actuelle. Il s’agira de Boeing 747-400 ERF d’occasion, qui seront opérationnels en 2019.

De plus, l’opérateur veut continuer d’améliorer son rendement en mettant en place des processus de «lean management». Des efforts qui ont déjà payé, puisque le taux d’utilisation des appareils a augmenté de 7% l’année dernière, pour une durée de vol journalière moyenne de 15 heures et 8 minutes.

«Notre objectif n’est pas de devenir le plus gros acteur de fret au monde, mais le partenaire le plus global», a affirmé Richard Forson. Pour cela, la compagnie entend continuer la mise en place de sa stratégie 2025, qu’elle a débutée en 2017. Celle-ci vise notamment à accentuer encore la flexibilité de la flotte, à diversifier les revenus, à continuer d’innover, mais aussi à mettre en place une «culture du contrôle des coûts».

Pour le LCGB, qui a publié dans la foulée de l’annonce de ces résultats un communiqué, cette stratégie crée «un niveau élevé permanent de la charge de travail et de fatigue» pour les salariés. Le syndicat chrétien a par ailleurs réitéré son désir d’entamer des négociations avec la direction pour renouveler la convention collective.