Victimes de la route

Bruxelles doute en matière de sécurité routière

10 Avril 2018 Par Jean-Michel Hennebert

La publication, mardi, des statistiques provisoires du nombre de victimes de la route a été l’occasion pour la Commission européenne d’appeler les 28 à réaliser «un regain d’efforts», tout en indiquant qu’il sera «très difficile» d’atteindre les objectifs fixés pour 2020.

Si l’année 2017 a enregistré «pour la deuxième année consécutive» une baisse du nombre de morts sur les routes, la réduction n’est clairement pas suffisante. Du moins, pour atteindre l’objectif fixé de réduire de moitié le nombre de tués dans un accident de la route entre 2010 et 2020. Dans un communiqué publié mardi dévoilant les statistiques provisoires de la sécurité routière en 2017, l’exécutif européen salue «la diminution du nombre de décès», mais estime qu’«un regain d’efforts est nécessaire pour réaliser de nouveaux progrès substantiels».

25.300 personnes ont ainsi perdu la vie sur les routes des 28 États membres l’an passé, «soit 300 de moins qu’en 2016 (-2%) et 6.200 de moins qu’en 2010 (-20%)», assure la Commission. Des chiffres pourtant supérieurs à l’idéal qui se situait, pour 2017, à 22.000 victimes. Et fixé sous la barre des 20.000 décès d’ici à 2020. Un objectif jugé par l’exécutif européen comme «désormais très difficile à atteindre», sans compter que le nombre de blessés graves, lui, n’a pas baissé. Comme en 2016, quelque 135.000 personnes ont été concernées en 2017, «dont beaucoup sont des usagers vulnérables», réaffirme la Commission en référence aux piétons, cyclistes et motards. Une problématique qui possède «un coût socio-économique» estimé à 120 milliards d’euros annuels.

Plan national en faveur de la sécurité routière

Pour tenter d’infléchir la courbe, la commissaire chargée des Transports, Violeta Bulc, indique travailler sur «une série de mesures concrètes» qui doit être présentée «dans les semaines à venir». Une référence aux réflexions en cours sur le nouveau cadre de la sécurité routière pour 2020-2030 et qui envisagent notamment la révision des règles sur la sécurité des véhicules, la gestion des infrastructures ou «la transition sans risque vers une mobilité coopérative, connectée et autonome».

Au Luxembourg, le plan de lutte contre l’insécurité routière a été synthétisé par la signature, le 1er avril 2015, d’une charte faisant de cette cause une priorité nationale. En clair, une question qui relève du ressort de l’ensemble des ministères, aussi bien en matière de prévention, d’infrastructure, mais aussi de sanctions. Un plan d’action, composé de 29 mesures, a par ailleurs été déposé à la Chambre, dans lequel s’inscrit non seulement la mise en service des radars fixes, mais aussi l’introduction d’un «alcolock», dispositif empêchant l’utilisation d’un véhicule sous l’emprise de l’alcool, ou les réflexions en cours autour de la baisse de la vitesse hors agglomération.

De nouveaux dispositifs de sécurité devraient également voir le jour au niveau européen, comme l’introduction d’un «eCall» dans tous les nouveaux types de véhicules. Introduit en mars dernier, le système permet un appel automatique au 112 en cas d’accident grave et facilite la géolocalisation. Les réflexions menées autour de l’installation de radars tronçons ou de radars sur les feux rouges devraient aboutir «d’ici la fin de l’année», indique le ministère du Développement durable et des Infrastructures. Selon les données provisoires de la Commission, 47 personnes ont perdu la vie sur les routes luxembourgeoises l’an passé, contre 56 en 2016 et 64 en 2015. Les données officielles, elles, seront publiées en mai prochain.