Conseil de gouvernement

Bettel défend Maggy Nagel au Logement

03 Juillet 2015 Par Véronique Poujol
Marc Hansen
Marc Hansen n’est pas le ministre du Logement, qui reste aux mains de Maggy Nagel, a asséné jeudi Xavier Bettel. (Photo: Christophe Olinger)

Le Premier ministre est venu au secours de sa toujours ministre du Logement Maggy Nagel, jeudi, lors du briefing post-conseil de gouvernement. Son absence fut particulièrement remarquée mardi à la Chambre lors du débat sur la politique du logement.

Non, Marc Hansen n’est pas le ministre fantôme du Logement, où il y a beaucoup à faire. Oui, Maggy Nagel cumule toujours les mandats de ministre du Logement et ministre de la Culture. C’est en substance ce que Xavier Bettel a répété jeudi au briefing qui suit le conseil de gouvernement, en volant, certes un peu mollement, au secours de celle qui a fait la une de l’actualité cette semaine, entre son absence très remarquée au débat sur le logement mardi à la Chambre jusqu’à l’évocation de ses frasques dans un restaurant de Weiler-la-Tour. Il n’y a pas de problème Nagel, a encore affirmé le chef du gouvernement.

Les questions des journalistes ont été méthodiques: quel est le rôle exact de Marc Hansen, nommé en avril dernier secrétaire d’État au Logement, juste après le limogeage de Daniel Miltgen à la présidence du comité directeur du Fonds du logement, et quelle est encore la responsabilité de Maggy Nagel à ce ministère désigné comme prioritaire par le gouvernement?

Marc Hansen a pris la responsabilité des nouveaux projets de logement, a fait savoir le Premier ministre, en évitant soigneusement de dire précisément quelles étaient encore les compétences qui restaient à la ministre DP («Je ne dispose pas d’un organigramme», a-t-il précisé), alors que celle-ci avait laissé avant-hier le soin à son secrétaire d’État de batailler contre le CSV qui avait demandé un débat sur la politique du logement du gouvernement. 

Sur les rumeurs d’un remaniement ministériel et la longévité de Maggy Nagel au gouvernement, le Premier ministre s’est montré évasif, affirmant qu’il ne savait pas de quoi demain serait fait.

Pas de conflit d’intérêts?

Xavier Bettel a été interrogé sur la nomination (pour un mandat de sept ans) peu conventionnelle au 1er juillet de l’ex-agent immobilier Jean-Paul Marc comme premier conseiller de gouvernement au ministère du Logement.

C’est l’intéressé lui-même qui avait annoncé par communiqué de presse cette promotion (au grade 16 de la fonction publique) et la cession de ses parts dans l’agence immobilière Move-In Immobilier à Paola Pauly Mascone.

Jean-Paul Marc est un proche du secrétaire d’État, les deux hommes ayant été journalistes presque au même moment à RTL en radio. Xavier bettel a balayé d’un revers de main les risques de conflit d’intérêts de la nouvelle recrue au ministère du Logement en raison de sa participation dans une société immobilière qui détient deux appartements appartenant au patrimoine familial.

La convention avec Livingroom en invitée surprise

Le premier conseiller de gouvernement n’a plus de fonctions opérationnelles dans la gestion de l’agence immobilière, a encore souligné le chef du gouvernement. Et sur l’absence de Maggy Nagel à la Chambre des députés, il a renvoyé la balle au CSV en faisait remarquer la présence de très peu de députés de l’opposition mardi à la Chambre – seule une poignée d’entre eux avait résisté jusqu’à la fin de la séance – pour un débat prétendument d’importance capitale.

La nomination de Jean-Paul Marc comme nouvel homme fort de la politique des «nouveaux projets» de logement risque toutefois de faire apparaître un autre conflit d’intérêts, dont le gouvernement n’a probablement pas mesuré toute la portée.

Car le nouveau premier conseiller est aussi, à la ville, le frère de l’avocat André Marc, de l’étude Allen & Overy, laquelle a mis sa marque dans la rédaction de la très controversée convention entre la société de promotion immobilière Livingroom et le Fonds du logement à Leudelange. Cette même convention qui a fait l’objet d’une dénonciation au Parquet de la part de la ministre du Logement Maggy Nagel et qui a déclenché en avril dernier une enquête préliminaire de la justice luxembourgeoise, entre autres pour prise illégale d’intérêts.

Selon nos informations, c’est l’avocat Serge Hoffmann, qui travaillait à l'époque dans la firme Allen & Overy sous la responsabilité d’André Marc, qui a rédigé la convention à l’origine du licenciement d’un autre premier conseiller de gouvernement, Daniel Miltgen, et de la perquisition du domicile de ce dernier dans le cadre de l’enquête pour prise illégale d’intérêts à Leudelange le visant.

Le dossier de Leudelange pourrait donc ne pas pouvoir être directement traité par la nouvelle recrue du ministère du Logement, en charge d’épauler Marc Hansen, en raison des liens familiaux.