Sécurité nucléaire

Aucune «information sensible» sur Cattenom dérobée

20 Avril 2018 Par Jean-Michel Hennebert
Selon Lydia Mutsch et Carole Dieschbourg, le salarié victime du vol n’avait «pas accès aux documents sensibles de l’installation», ce qui n’a pas mis à mal la sécurité de la centrale de Cattenom. (Photo: Julien Becker/archives)

Un mois après les révélations sur le vol d’un véhicule de fonction d’un salarié ayant accès à des données sur la centrale nucléaire lorraine, la ministre de la Santé assure que le matériel présent dans la voiture ne permet pas de mettre en péril la sécurité du site.

L’ordinateur crypté, le badge d’accès et deux clés USB dérobés fin mars lors du vol d’un véhicule de fonction appartenant à un prestataire d’EDF travaillant sur le site de Cattenom n’auraient permis à l’/(aux) auteur(s) de mettre la main sur aucune «information sensible», selon les affirmations communes de Lydia Mutsch (LSAP), ministre de la Santé, et Carole Dieschbourg (Déi Gréng), ministre de l’Environnement, dans une réponse parlementaire.

Se référant aux informations transmises à la Division de la radioprotection par le gestionnaire de la centrale nucléaire lorraine, les deux ministres affirment notamment que l’ordinateur était «sécurisé et crypté» et que le badge d’accès «aurait été immédiatement désactivé». Si Lydia Mutsch et Carole Dieschbourg ne contredisent pas l’information selon laquelle les deux clés USB disparues n’étaient pas codées, elles écrivent que ces dernières contenaient «essentiellement des schémas de portions de circuit de ventilation, des pièces utiles à l’intervention et des photos de ventilateurs uniquement relatives à ce chantier».

Rencontre franco-luxembourgeoise le 31 janvier dernier

Soit le démenti formel des propos tenus par Le Républicain Lorrain, qui avait révélé «l’effraction de plusieurs véhicules effectuée sur le parking du Snowhall d’Amnéville», et qui indiquait que les deux clés USB contenaient, pour «l’une d’entre elles, des photographies de l’intérieur» de la centrale de Cattenom, mais aussi de celles de Flamanville (Manche) et Paluel (Seine-Maritime) et, pour l’autre, «des plans et des plannings précis», notamment des circuits internes. Pour les autorités luxembourgeoises, «le salarié n’ayant pas accès aux documents sensibles de l’installation, cet événement n’aurait pas d’impact sur la sûreté ou la sécurité de la centrale».

Suite à ce vol, «une délégation luxembourgeoise (…) a rencontré, le 31 janvier 2018, l’autorité française responsable de la sécurité nucléaire pour un échange de vues sur la sécurité du site nucléaire de Cattenom et sur l’organisation de la sécurité nucléaire en France de manière générale», précisent les ministres, en réponse à l’idée des députés Laurent Zeimet et Marco Schank (CSV) de «lancer une procédure d’urgence concertée de tous les pays concernés». Pour mémoire, la police judiciaire de Metz a été diligentée pour mener l’enquête autour de ce vol. Aucune information sur l’avancée de cette dernière n’a, à ce jour, été communiquée.