L’immanquable du week-end

Alerte sur le Hall Fondoucq

19 Octobre 2018 Par Paperajm.lu
La Jam-Session de samedi soir bouleversera les codes du jazz. (Photo: Roberto Santoprete)

Le DKollektiv clôture son année avec une programmation éclectique autour du Hall Fondoucq de Dudelange, monument sidérurgique qui risque de disparaître très bientôt.

Le DKollektiv est un collectif d’artistes qui propose des projets artistiques et culturels qui sortent des sentiers battus et du cadre artistique institutionnel.

Il s’est installé il y a trois ans sur les friches industrielles de Dudelange afin de créer un espace de création en rapport avec le lieu, son histoire, ses gens et sa phase de mutation. Les projets sont à la fois nourris par les vestiges du passé, tandis que l’état de friche actuel permet aussi de tout réinventer.

Les travaux proposés par les artistes sont en rapport avec ce patrimoine en voie de disparition, ce quartier et son histoire, et avec le savoir-faire manuel...

Ce week-end et le prochain, «Alerte face à l’événement» propose des interventions artistiques ayant trait au site et à son histoire, avant de rentrer dans sa pause hivernale.

Le programme

Samedi 20 octobre

18h00 – 19h30

«Pizzasuewen»

Les artistes Gilles Pegel, Misch Feinen, Éric Marx et Claude Faber réinventent le four à pizza dans une poubelle en métal et proposent des dégustations de pizzas expérimentales. 

Marlène Kreins, quant à elle, propose «H&G Zerstörung des Häuschens», une maquette du Hall Fondoucq en pain d’épice dans une libre interprétation du conte «Hänsel und Gretel».

19h30

«Brave (K)New Rave»

Tania Soubry (dance & vocals) propose un paysage sonore créé par le biais de voix démultipliées et de mots articulés dans un espace désormais silencieux, tandis qu’autrefois il était rempli de bruits industriels. Une invitation à poursuivre l’esprit rave à travers l’histoire de notre industrie minière, allant du post-industrialisme à la montée du néolibéralisme, de la création de la CECA à l’Union européenne.

21h00

«Jam-Sessions»

La formation Total Trio, composée de Luciano Pagliarini, Jay Christnach et Misch Feinen, construit un jazz à la croisée de l’expérimental et de l’imprévu. Ce nouveau projet, dont un CD démo vient de sortir, agite la scène luxembourgeoise et amène une nouvelle vision artistique du jazz classique. Les musiciens se lancent dans une improvisation de sons et de bruits formant une tonalité complète. Ils sont cette fois-ci accompagnés par Daniel Pagliarini, virtuose de l’accordéon, qui apporte une dimension nouvelle à leur jeu.

Les jeunes musiciens locaux Yann Gengler, Tom Zuang et Kay Gianni les rejoignent pour rythmer la session avec une combinaison de sons indie, de pop et de rock alternatif. Cette mixité de styles et de genres s’avère prometteuse.

Installations permanentes

«Eisenhütte»

Pit Wagner joue avec le terme allemand «Hütte» qui signifie cabane ainsi qu’usine sidérurgique, ce qui lui sert de point de départ pour sa recherche. Une «Hütte» sous forme de tente, genre cage de Faraday, ouverte et pénétrable tout en protégeant le public des intempéries et des champs magnétiques environnants, ainsi que de tout autre danger ou influence négative.

Une cabane construite à partir de matériaux récupérés de l’industrie lourde, invitant au jeu et au repos, semble une idée contradictoire, mais Pit Wagner arrive à jouer de ces ambiguïtés. Le rapport d’échelle et le poids des matériaux mènent à des interprétations qui s’entrecroisent: ludisme, protection, refuge, chaleur, danger, cage, menace…

«Affaire à suivre»

Muerx & Mix 2018 installation in situ. Ayant eu accès à une multitude de plans datant des 19e et 20e siècles, documentant le patrimoine sidérurgique luxembourgeois. Ils constituent des plans détaillés, des vues globales, des projets non réalisés, mais… che fare? Leur empreinte historique, leur caractère complexe et leur qualité esthétique sont indéniables. Mais comment transcender ces documents et les rendre accessibles à un large public?

Misch Feinen et Éric Marx ont accepté le défi et nous proposent le début de leurs investigations, une recherche qui va se poursuivre par la suite.

«Hommage à Étienne»

Neckel Scholtus 2018 œuvre in situ. L’environnement post-sidérurgique, ruines d’une économie florissante suite au déclin de l’activité industrielle, a incité Neckel Scholtus à explorer les notions de mémoire, de passé et d’identité. Sachant que des questions familiales restaient sans réponse, mais mériteraient d’être traitées, elle s’est lancée dans une enquête portant sur des archives familiales.

L’œuvre intitulée «Hommage à Étienne» fait référence à son grand-père défunt, qui commença sa carrière professionnelle en tant qu’ingénieur à cet endroit. Le projet est composé de photographies actuelles des environs du hall – à ce jour en péril –, combinées à des documents personnels pris autrefois.

La mémoire du grand-père s’affaiblit tout autant que les traces du passé sidérurgique. Pour garder la mémoire vive, Neckel Scholtus nous propose un travail qui questionne la notion de disparition, nos vestiges et la part de l’humain qui les habite. Ce retour aux sources peut éventuellement nous empêcher de devenir nous-mêmes des victimes d’une conformité mondialisée, dénudée de tout sentiment relationnel.

Dimanche 21 octobre, ouvert de 15h à 20h avec les installations et œuvres in situ.

www.dkollektiv.org