Inauguration

Accueil chaleureux pour la House of Start-ups

04 Juin 2018 Par Thierry Raizer
Inauguration de la House of Start-ups
L’inauguration était rehaussée par la présence du couple grand-ducal. (Photo: Matic Zorman)

L’inauguration de la House of Start-ups vendredi a rassemblé décideurs économiques et politiques autour d’une maison qui veut préparer le Luxembourg à l’économie de demain.

S’il fallait mesurer l’intérêt suscité par l’inauguration à la température des lieux, la House of Start-ups (Host) a de beaux jours devant elle. C’est en effet en présence de nombreux représentants économiques, d’entreprises, politiques et même du couple grand-ducal que la structure a été inaugurée vendredi en fin d’après-midi.

La salle de la Host qui servira à des concours et autres cocktails était trop petite pour accueillir de nombreux invités, certains ont dû assister aux discours à distance, sous la tente dressée en extérieur.

«Les locaux impressionnants ont été aménagés en moins de six mois et dans les budgets fixés», a déclaré Carlo Thelen, le directeur général de la Chambre de commerce durant son allocution.

Bettel l’écrit, Schneider le lit

«On vient de m’informer que je dois prendre la parole à la place du Premier ministre (retenu dans le Mullerthal en raison des inondations, ndlr), permettez-moi donc de vous présenter le discours que M. Bettel envisageait de vous adresser et de le découvrir ensemble. Espérons que je partage les vues du Premier ministre», a lancé Étienne Schneider en arrivant sur scène. Rires dans l’assistance.

Jouant avec le discours qui n’était pas le sien, il aura détendu l’atmosphère en parlant de «mon gouvernement» ou plutôt «son gouvernement» avant d’ironiser sur les prochaines élections: «peut-être mon gouvernement après octobre», «ou son gouvernement», en visant le candidat déclaré au poste de Premier ministre, Claude Wiseler (CSV), qui était, lui aussi, assis au premier rang.


S’il fallait en douter, le vice-Premier ministre et ministre de l’Économie s’est monté en phase avec le discours écrit pour Xavier Bettel et a souligné la volonté du gouvernement et des acteurs économiques d’être sur la carte des start-up à l’international. De même que l’importance des collaborations entre les différents acteurs en place au Luxembourg pour positionner les entreprises vis-à-vis des défis que Michel Wurth résumait dans son intervention par la digitalisation et la transition énergétique.

«Un jour exceptionnel» 

Il faut dire que le pari était plutôt osé de la part de la Chambre de commerce qui, à l’initiative du projet, a concrétisé l’idée d’une maison rassemblant incubateurs, accélérateurs, centres d’innovation en moins d’un an. Les locaux ont été trouvés en septembre dernier, après avoir analysé plusieurs pistes.

«C’est un jour exceptionnel à plusieurs égards, a souligné la CEO de la House of Start-ups, Karin Schintgen. Exceptionnel pour le temps, six mois, pour créer à partir de zéro cette maison. Exceptionnel pour la situation, un lieu orienté vers le futur au cœur d’une cité millénaire. Exceptionnel quant aux personnes et au concept.»


L’idée de la House of Start-ups remonte, comme l’a rappelé Michel Wurth, à un coup de fil il y a trois ans de l’actuel président de la Fedil Nicolas Buck, à qui l’on devait déjà la création de Nyuko. L’idée était de mettre le Luxembourg sur la carte des start-up en Europe, avec l’appui de la Ville de Luxembourg.

Des bonnes aux mauvaises nouvelles 

La House of Start-ups comprend 5.000 mètres carrés répartis sur cinq étages et occupés par la Luxembourg house of financial technology (LHoFT), le Luxembourg City Incubator (LCI, qui sera inauguré en septembre), le [email protected] et les accélérateurs Nyuko et International climate finance accelerator Luxembourg (ICFA).

«Du point de vue de la Chambre de commerce, nous n’avons jamais accueilli autant de monde qu’aujourd’hui. Ce qui nous réjouit est que tout le monde croit en l’économie luxembourgeoise», a déclaré Michel Wurth. «Ce sont les tech qui sont présentes ici et que nous voulons développer.»

En prélude de son allocution, le président de la Chambre de commerce a fait référence aux trois mauvaises nouvelles survenues durant les heures précédentes: les inondations dans le pays et ayant causé de lourds dégâts au Mullerthal, les tarifs douaniers sur l’acier décidés par Donald Trump et devenus réalité, et le choix de Knauf de renoncer à s’implanter au Luxembourg. 

Trois événements qui font dire à Michel Wurth qu’il vaut mieux préparer l’avenir de façon volontariste plutôt que de le subir.