Restaurant

À table avec... André Mehlen

30 Septembre 2018 Par France Clarinval
André Mehlen: «Depuis une quinzaine d’années, de grands efforts ont été faits pour baisser les rendements, baisser le niveau de sucre, travailler de manière plus naturelle.»
André Mehlen: «Depuis une quinzaine d’années, de grands efforts ont été faits pour baisser les rendements, baisser le niveau de sucre, travailler de manière plus naturelle.» (Photo: Mike Zenari)

C’est la saison des vendanges et des foires aux vins. Raison suffisante pour inviter André Mehlen, contrôleur des vins au sein de l’Institut viti-vinicole (IVV). C’est La Rameaudière qui nous accueille pour ce déjeuner.

Pour parler vins, AOP, vendanges avec André Mehlen, il fallait un endroit qui soit à la hauteur. Grand défenseur des vins luxembourgeois, Daniel Rameau nous reçoit dans son restaurant La Rameaudière, enseigne classique de la Moselle depuis plus de 30 ans.

Vendanges précoces

Premier sujet de conversation évident avec le contrôleur des vins de l’IVV, les vendanges. 2018 sera probablement une année d’exception en matière de vin, grâce à un printemps humide et un été particulièrement chaud. «Il n’y a pas de date officielle pour le début des vendanges, mais cette année, c’est trois semaines plus tôt qu’à l’ordinaire.» Le vigneron essaie d’attendre pour vendanger le plus tard possible, pour assurer la pleine maturité aux raisins. Mais avec une main-d’œuvre essentiellement étrangère, de Pologne notamment, et le risque de grosses pluies, pas question de repousser trop avant ce moment. Dix jours plus tard, les premières gouttes de Fieder­wäissen pourront être dégustées.

Riesling bio

Après une dégustation du foie gras de la maison, avec des poires caramélisées du meilleur effet et un gewurz­traminer de chez Mathis Bastian, c’est une salade autour de la langoustine et du saumon que le chef a préparée. Une cuisson parfaite et un très bon accord avec le riesling bio de chez Sunnen-Hoffmann, de 2015. L’un des défis pour le vin luxembourgeois est de redorer son image de marque. S’il plaît à l’étranger lors des foires et salons professionnels et récolte des médailles, il n’est pas toujours reconnu à sa juste valeur. «Depuis une quinzaine d’années, de grands efforts ont été faits pour baisser les rendements, baisser le niveau de sucre, travailler de manière plus naturelle», justifie André Mehlen. Le passage de la Marque nationale à l’AOP en 2014 avec un cahier des charges plus contraignant est la preuve de cette évolution. Reste à le faire savoir. Une grande étude avait été commanditée à EY, qui a dégagé les actions prioritaires.

Turbot et purée

Ainsi, l’organisation de l’IVV a été repensée pour travailler en groupes et en collaboration étroite avec les professionnels du terrain. «Le petit pays des grands vins», com­me dit la pub, doit encore affirmer sa place dans les rayons des supermarchés et dans l’esprit des con­som­mateurs, notamment les expatriés. Une opération autour de la visibilité devrait être lancée au moment de l’Expogast, fin novembre. Un entremets à la quetsche rafraîchit les papilles avant un tronçon de turbot sur une mousseline au crémant et une purée «façon Robuchon». C’est un pinot gris «sélection Euro-Toques» de Mathis Bastian qui l’accompagne. Au niveau international, des efforts seront faits pour communiquer vers l’Allemagne, notamment avec le pinot gris, justement, pour ne pas rivaliser avec le riesling germanique. «L’auxerrois pourrait aussi être poussé. C’est un cépage typique, dont le Luxembourg est le plus grand producteur au monde, qui est généralement sous-estimé», considère le contrôleur des vins.

Une soupe de fruits de saison terminera le repas en beauté.