David Giabbani (Etude Giabbani)

«À quand un compte Twitter pour la Cour de cassation?»

20 Octobre 2017 Interview par Camille Frati
Me David Giabbani
Pour Me Giabbani, la digitalisation apporte son lot d’améliorations du quotidien pour les avocats, mais aussi d’exigences supplémentaires de la part de leurs clients. (Photo: Étude Giabbani)

Qu’importe l’âge ou la réputation d’une entreprise, c’est sa capacité d’adaptation qui garantira sa longévité. Cas pratique avec les avocats confrontés à la digitalisation, une aide et un défi pour leur travail au quotidien.

Quelle est la plus grande transformation à laquelle vous devez faire face au sein de votre secteur?

Je pense que l’innovation majeure à laquelle nous devons faire face cette année plus que toute autre, et sans que cela ne concerne mon étude seulement, est l’adaptation de notre mode de fonctionnement à la digitalisation du droit. Beaucoup de nouveaux outils de transmission de connaissance du droit arrivent sur le secteur et il nous faut savoir innover pour être dans le fil de cette transformation anthropologique. Au-delà de l’impact marketing qu’il pourrait y avoir, cela nous permet aussi d’être à jour face à nos partenaires et pourquoi pas d’indiquer, à notre modeste échelle, la voie à suivre.

Quelle incidence a-t-elle sur votre métier? Quels outils utilisez-vous pour y répondre?

La digitalisation ne doit pas être vue comme un frein. Au contraire, elle est un facteur de croissance de sa puissance de travail. Il nous a fallu nous adapter en utilisant des outils comme les Legaltech. Cette démarche est favorisée et facilitée par le fait que notre étude est spécialisée dans un domaine particulier (le droit du travail, ndlr). Il y a un gain de temps énorme dans le traitement des demandes par ce seul biais.

Comment adaptez-vous l’organisation de votre étude à cette transformation?

Nous nous adaptons à une demande qui est plus forte chez nos interlocuteurs de digitaliser nos informations. Nous n’imprimons quasiment plus, si ce n’est pour envoyer des courriers officiels ou pour les besoins du tribunal, si un dossier doit être plaidé. Il y a un gain de place, de temps, mais également de bien-être administratif. En ce sens, nous contribuons aussi au respect écologique.

Comment envisagez-vous de vous transformer?

Nous avons déjà commencé la transformation en publiant une newsletter sur support digital uniquement. Nous envisageons à bref délai de communiquer, par le biais d’une application, nos informations relatives au droit du travail et d’explorer d’autres pistes en interne. Pour un maximum d’efficacité, il faudrait que tous nos «partenaires» de justice s’adaptent, car au niveau institutionnel, le papier est encore largement de rigueur et la digitalisation peine à trouver ses marques. À quand un compte Twitter pour la Cour de cassation du Grand-Duché?