Un nouveau plan en faveur des PME

99 mesures pour une nouvelle dynamique

24 Mars 2016 Par Frédéric Antzorn
Francine Closener
Francine Closener, secrétaire d'État à l'Économie, a évoqué «des mesures pragmatiques pour des résultats concrets». (Photo: Paperjam.lu / archives)

Francine Closener, secrétaire d’État à l’Économie, a levé le voile ce jeudi sur le 4e Plan d'action national en faveur des PME. Articulé autour de 10 thèmes et décliné en 99 mesures, il vise à davantage soutenir les entreprises, de leur création jusqu’à l’internationalisation de leurs activités.

La secrétaire d’État à l’Économie, Francine Closener, a présenté ce jeudi le 4e Plan d'action national en faveur des petites et moyennes entreprises (PME) tel qu’il a été adopté la semaine passée par le conseil de gouvernement.

Ce document est le fruit de discussions menées avec les entreprises et d’une concertation mise en place entre le ministère de l’Économie et les différentes associations professionnelles – Chambre de commerce, Chambre des métiers, Fédération des artisans, Confédération luxembourgeoise du commerce et Horesca – réunies au sein du Haut Comité pour le soutien des PME, créé en 2014.

Ayant pour objectif de proposer et de discuter des mesures pour stimuler l’entrepreneuriat et favoriser le développement du secteur des PME, ce Haut Comité a été l’interlocuteur privilégié du ministère de l’Économie dans la rédaction de ce quatrième Plan national.

Des mesures «ambitieuses et réalistes»

Articulé autour de 10 axes, le nouveau plan, ou «base de travail» comme l’a désigné Francine Closener, préconise la promotion de l’esprit d’entreprendre et de l’entrepreneuriat, une adaptation et une promotion intelligentes de la réglementation aux évolutions du marché du travail, l’amélioration de la qualité des services publics et la promotion de la simplification administrative, ainsi que la facilitation du financement des PME.

Le document, d’une trentaine de pages, mentionne également un rapprochement entre le monde de l’enseignement et celui des entreprises – dans le but notamment d’accroître la qualification des salariés –, la mise en place d’un environnement propice à l’innovation et à la recherche, la promotion des technologies de l’environnement, et des actions à mettre en place pour permettre aux PME luxembourgeoises de s’internationaliser.

«De ces 10 axes de travail découlent au total 99 mesures à développer à court ou à moyen terme», a indiqué Francine Closener, soulignant qu’elles étaient à la fois «ambitieuses et réalistes», mais également «adaptables dans le temps».

Un plan générateur d’emplois

«Nous les avons aussi voulues pragmatiques de manière à obtenir des résultats concrets d’ici déjà deux ou trois ans», a-t-elle encore précisé, ajoutant que les PME avaient permis la création de quelque 30.000 emplois ces 10 dernières années et qu’il s'agissait de «contribuer à la poursuite de ce mouvement».

Cette contribution passera ainsi par la révision de l'accès à certaines professions au sens du droit d'établissement, l'adaptation de la Sécurité sociale aux enjeux des PME, celle des instruments financiers étatiques destinés aux entreprises ou encore le renforcement du concept de guichet unique.

De manière concrète, des groupes de travail vont rapidement se pencher sur des projets prioritaires dont il sera question entre le Haut Comité pour le soutien aux PME et le ministère de l’Économie lors d’une prochaine réunion fixée au mois de juillet lors de laquelle les premières actions à lancer d’ici la fin de l’année seront décidées.

Nouvel outil de communication

À l’issue de cette présentation, Fernand Ernster, président de la Confédération luxembourgeoise du commerce (CLC), s’est félicité de la finalisation de ce 4e Plan d'action national en faveur des PME dont il a souligné – à l’inverse du plan précédent mis en place en 2008 qu’il a qualifié de «figé» – le caractère «dynamique et évolutif» et la rapidité avec laquelle il tiendra compte de la manière dont évoluent les économies locale, nationale et même internationale, «cette dernière n’étant pas sans impact sur nos entreprises».

Il a aussi salué le rôle de défenseur des PME – qui représentent aujourd'hui 32.000 entreprises et près de 200.000 salariés – que jouera à l’avenir le ministère de l’Économie vis-à-vis des décisions des autres ministères et des administrations de l’État touchant à la vie des petites et moyennes entreprises.

Michel Reckinger, président de la Fédération des artisans, a pour sa part qualifié ce Plan national de «nouvel outil de communication entre l’État et les PME». «Cela nous permettra par exemple de nous rapprocher du ministère de l’Éducation nationale pour évoquer la réforme de la formation professionnelle qui est au programme de cette feuille de route», a-t-il encore ajouté.