Communales en Belgique

6.930 frontaliers aux urnes dimanche à Arlon

11 Octobre 2018 Par Jamila Boudou
Repenser l’organisation du travail, favoriser la mobilité douce et l’harmonisation fiscale sont des idées avancées par les deux candidats.
Repenser l’organisation du travail, favoriser la mobilité douce et l’harmonisation fiscale sont des idées avancées par les deux candidats.  

À l’approche des élections communales en Belgique qui se tiennent aussi ce 14 octobre, Paperjam a sondé deux candidats-têtes de liste rivaux à Arlon. Au menu: l’idée d’une fiscalité transfrontalière et la mobilité des frontaliers.

6.930, c’est le nombre de frontaliers qui résident à Arlon. Soit autant d’électeurs qui se rendront aux urnes dimanche dans le cadre des élections communales et provinciales qui se déroulent en Belgique.

La mobilité transfrontalière est logiquement un des enjeux de la campagne. Mais pas seulement. La proximité d’Arlon avec le Luxembourg est aussi synonyme de concurrence en matière d’emploi.

Or, depuis plusieurs semaines, le chemin du travail ou le retour à la maison est chahuté. Les frontaliers usagers du chemin de fer ne démentiront pas, tandis que les travaux sur l’E411 entre Arlon et Sterpenich rajoutent leur lot de complications. Que proposent les candidats comme solutions?

Il aurait fallu un dialogue transfrontalier.

Vincent Magnus, bourgmestre sortant de la Ville d’Arlon et tête de liste sur la liste centriste CDH

«Je pense qu’il y a, de part et d’autre des frontières, la volonté d’améliorer la mobilité des frontaliers et de favoriser l’usage du train», estime auprès de Paperjam Carine Lecomte, députée wallonne et tête de la liste de centre-droit MR-MC. «Mais de nombreux travaux sont en cours. Des mesures ont été prises aussi ces dernières années, comme une tarification plus avantageuse au départ de la gare d’Arlon et une diminution du prix de l’abonnement Arlon-Luxembourg.»

«Sur l’E411 entre Arlon et Sterpenich, la Sofico, responsable de l’entretien des routes chez nous, réalise une 3e voie qui sera dédiée au covoiturage», explique de son côté Vincent Magnus, bourgmestre sortant de la Ville d’Arlon et candidat aux élections communales du 14 octobre sur la liste centriste CDH. «Il aurait fallu un dialogue transfrontalier, car c’est bien dommage que cette voie pour le covoiturage ne continue pas sur le territoire du Grand-Duché.» 

Récemment en visite auprès de M. Magnus, Claude Wiseler, tête de liste nationale pour le CSV, a promis cette prolongation s’il est élu.

Pour ce qui est du chemin de fer, «le P+R de Viville est prêt, le passage sous la voie et les 300 à 400 places de parking sont là aussi» rappelle Vincent Magnus. «Il faut à présent un accord entre la CFL et la SNCB pour que des trains grand-ducaux puissent desservir la gare de Viville».

Nous souhaitons faire évoluer davantage l’organisation du travail.

Carine Lecomte, députée wallonne et tête de la liste de centre-droit MR-MC

Pour améliorer la mobilité, «nous souhaitons faire évoluer davantage l’organisation du travail, en appuyant le développement du télétravail», réplique Carine Lecomte. «On peut aussi imaginer des espaces de travail partagé à Arlon qui permettraient aux frontaliers de diminuer leur trajet vers leur lieu de travail», ajoute-t-elle.

Les atouts et les revers de la proximité

«Quand on a un voisin comme le Luxembourg, grand pourvoyeur d’emploi, on a de la chance», poursuit Carine Lecomte. «Le Luxembourg a besoin de main-d’œuvre», estime de son côté Vincent Magnus. Et cette proximité avec le Grand-Duché est très bénéfique en termes d’emploi pour nous aussi. Mais ce qui fait également maintenir une pression immobilière très forte. Il est difficile pour de jeunes couples de s’installer à Arlon. Il faut donc augmenter l’offre en matière de logement.»

«À Arlon, nous avons 30 entreprises pour 1.000 habitants. Ce qui s’explique du fait que les entreprises préfèrent s’installer au Luxembourg pour des raisons fiscales, note Carine Lecomte. C’est pourquoi il faudrait définir un statut fiscal frontalier bien délimité. Il permettrait à nos entreprises de ressentir moins cette concurrence et surtout de se développer et de rester sur notre territoire. Certaines de nos entreprises peinent aussi à trouver de la main-d’œuvre qualifiée.»

Les forces en présence 

Arlon, commune de 29.600 habitants, est gouvernée depuis 2012 par la majorité sortante de centre-gauche CDH-PS.

En 2018, quatre listes se présentent aux électeurs: Arlon 2030 (liste centriste du CDH), Pour vouS (liste du Parti socialiste), l’alliance de droite MR-MC et Ecolo + (liste Ecolo).

Le nombre de demandeurs d’emploi inoccupés sur la commune est de 1.470 (moyenne 2016). Arlon compte 12.909 salariés et 1.335 indépendants. Les commerces et les professions libérales étant les plus représentés (Source: Réseau d’études et d’analyses du Luxembourg).