Nouveau plan

60 millions d’euros jusque 2022 pour le tourisme

11 Janvier 2018 Par Audrey Somnard
Mullerthal
Le Mullerthal souffre de ses infrastructures hôtelières trop petites pour les groupes, et notamment le tourisme de congrès.  (Photo: Licence C.C.)

À deux jours de l’ouverture du salon Vakanz et de la saison des réservations de séjours, Francine Closener a présenté mercredi le cadre stratégique Luxembourg 2022 pour soutenir les efforts dans le secteur touristique du pays, avec une enveloppe de 60 millions d’euros sur les quatre prochaines années.

L’objectif est de consacrer une enveloppe de 60 millions d’euros entre 2018 et 2022 pour soutenir l’amélioration et la création d’infrastructures touristiques. Ceci représente une augmentation de 30% par rapport à l’enveloppe budgétaire des cinq dernières années. L’industrie touristique représente 6,5% du PIB, avec l’emploi direct et indirect de 20.000 personnes. Avec presque 3 millions de nuitées enregistrées en 2016, le secteur du tourisme est en plein essor.

La réflexion commune menée par la secrétaire d’État au tourisme Francine Closener et la Direction générale du tourisme ont abouti à huit piliers: travailler ensemble, placer le visiteur au cœur de la démarche, miser sur le capital humain, construire sur les atouts du pays, mettre en valeur et valoriser les infrastructures, placer le tourisme dans une optique qualitative et durable, renforcer le poids économique du secteur et assurer un cadre juridique propice au développement du secteur.

Le budget ainsi que le calendrier sont bouclés sur les mois à venir pour que le Luxembourg se développe en tant que destination touristique de choix, alors que le tourisme dit de loisirs ne représente que 44% du total des nuitées dans l’hôtellerie. Le cadre stratégique vise ainsi le double objectif de soutenir à la fois l’image touristique du pays, mais aussi d’attirer le tourisme de congrès, bien plus rentable, avec une offre diversifiée.

Je trouve ça dommage, car je ne suis pas du tout au courant.

Alain Rix, président de l’Horesca

Le cadre stratégique est porté par la Direction du tourisme, qui semble la jouer solo. Ainsi, Alain Rix, président de l’Horesca, a appris l’existence de la conférence de presse et du cadre stratégique par nos soins. Ce dernier s’est dit peiné de ne pas être du tout impliqué dans les projets du ministère: «Je trouve ça dommage, car je ne suis pas du tout au courant. Depuis que le nouveau gouvernement est en place, l’Horesca ne fait plus du tout partie des discussions.»

La fédération des hôteliers, cafetiers et restaurateurs est cependant ravie d’apprendre que le secteur va pouvoir bénéficier d’un soutien notamment financier. La région Mullerthal souffre en effet d’un manque d’infrastructures hôtelières. Les hôtels de la région sont trop petits, et ne conviennent pas aux groupes, qui délaissent ainsi cette partie du pays. «Le gros problème, c’est que les hôtels manquent beaucoup dans le nord du pays. Il n’y a pas de problème à Luxembourg-ville, et le sud se développe, ce qui est très bien», analyse Alain Rix. «Mais dans le nord, la situation est difficile, car il s’agit d’entreprises familiales qui sont trop chères à reprendre pour l’un des enfants qui doit acheter les parts de ses frères et sœurs.»

L’enveloppe de 60 millions d’euros va notamment servir à développer ces structures, et permettre aux éventuels repreneurs d’être épaulés aussi bien dans leur budget que dans leur projet d’établissement. L’accompagnement de nouveaux hôteliers est également une des activités de l’Horesca, il semblerait donc que la Direction du tourisme ait décidé d’agir sans aucune concertation avec la fédération.